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Pas de fourrage pas de cheval
Photo Manoel Relet

Certes, les aliments fibrés peuvent avoir leur place dans l’alimentation du cheval. Notamment pour l’aider à saliver. En effet, un cheval peut-il produire de cinq à cinquante litres de salive par vingt-quatre heures en fonction de ce qu’il mange, de l’herbe ou de l’aliment sec. « C’est pour cela que nous avons incorporé des fibres longues dans nos produits, dit Olivier Pierchon, directeur d’une société spécialisée dans l’aliment fibré. Elles aident à la mastication. Elles optimisent la structure du bol alimentaire du cheval. Et, du coup, elles sécurisent et allègent sa digestion. »

Pour sa part, Xavier Lippens, directeur commercial d'un fabricant d’aliment dit « haut de gamme », met plutôt en avant le côté « scientifique » de ces aliments fibrés. « Ils correspondent, chez nous, à une recherche industrielle. Nous sommes toujours en quête d’améliorer nos floconnés. Et l’intégration de fibres longues, en l’état, fait partie de nos avancées. » Mais pas question pour M. Lippens de parler, en l’espèce, d’aliment complet. « Sur le marché français, hormis quelques rares produits spécifiques, qui peuvent se targuer d’être de vrais aliments complets, aucun, fut-il fibré, ne peut pour l’instant - pour des raisons de fabrication - se prévaloir de supprimer totalement le fourrage de la ration du cheval », tient-il à signaler.

Il ne faut donc pas que les aliments fibrés soient considérés comme étant des substrats de fourrage. Car, il faut le savoir, le cheval digère mal. On l’a dit, il faut qu’il mastique. C’est essentiel pour lui, car il ne peut pas, à l’inverse de la vache, régurgiter le bol alimentaire pour le ruminer. Aussi, son estomac est petit, environ dix litres (de contenance réelle). Ce qui veut dire qu’il se vidange souvent.Autre complexité digestive du cheval, il tire peu partie des aliments cellulosiques (fibreux) qu’il ingère. C’est le cas du son, de la paille ou du foin. Ils sont du poids mort dans son intestin. Ils n’ont d’autre mission que de servir de lest pour stimuler sa digestion. En effet, la cellulose résiste aux sucs gastriques, ces acides qui attaquent les aliments. Elle n’est donc digérée que par la flore microbienne du gros intestin, après un bref passage dans l’estomac puis dans l’intestin grêle. Alors que les aliments le sont, eux, directement par les sucs gastriques du même estomac et intestin grêle.



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