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Travail de détective
Bronches d'un cheval
Photo ENVL

La détection des allergies respiratoires relève d'un véritable travail de détective. "Elles se manifestent par des quintes de toux sèches et des difficultés ventilatoires, prévient Marlen Volland-Francqueville, vétérinaire équin. On peut, toutefois, tolérer qu'un cheval tousse de temps en temps mais, ce qui doit attirer l'attention, c'est la fréquence et la durée de ces quintes de toux." "Après, ou parfois en même temps, poursuit-elle, peuvent s'ajouter d'autres symptômes comme le jetage nasal mais aussi l'asthme ou la dyspnée (grande difficulté ventilatoire)." Tous ces symptômes se déclanchent au repos, mais ils sont évidemment accrus avec l'effort ou au cours de certaines saisons, comme le printemps et l'été par exemple. "J’ai eu un cheval de reprise qui était parfois obligé de quitter les séances d'entraînement à la moitié tellement il était gêné, se rappelle l’ex-écuyer du Cadre Noir. Il m'a souvent fait peur lorsqu'il n'arrivait plus à respirer !"

Il existe plusieurs méthodes pour traquer les allergies respiratoires. Les analyses de sang, que notre vétérinaire équin ne juge pas d'une grande efficacité. "Contrairement à ce qui se fait en médecine humaine, chez les chevaux, ces analyses n'apportent pas grand-chose", argue-t-elle. Marlen Volland-Francqueville préfère-t-elle se fier à une autre technique d'investigation : le diagnostic étiologique. "Cela consiste à procéder à un interrogatoire (d'une soixantaine de questions) du propriétaire du cheval, pour savoir comment il vit, ce qu'il fait, ce qu'il mange, etc., explique-t-elle. Mais à procéder, aussi, à des examens cliniques, en auscultant les chevaux de manière plus poussée qu'à l'accoutumée, en effectuant des percussions thoraciques pour voir où et comment passe l'air dans les poumons, des fibroscopies des voix respiratoires ou encore des tests comme la cytologie (analyse microscopique des sécrétions bronchiques) ou celui du sac."

Mais ce qu'affectionne particulièrement le Dr Volland-Francqueville, pour son efficacité, c'est le test cutané. "On injecte des tests allergéniques sous la peau (au niveau de la croupe) du cheval, précise-t-elle. Et, au bout de vingt minutes, on est fixé sur sa réactivité." C'est, d'ailleurs, en procédant de la sorte qu'elle a constaté que 40 % des chevaux de sport étaient allergiques aux acariens.

Certaines pathologies d'affections respiratoires restent toutefois difficiles à déceler au repos. C'est pourquoi notre praticienne a, comme nombre de ses confrères, elle aussi recours aux tests d'efforts standardisés. "En faisant courir les chevaux - par intervalles de trois minutes - sur un tapis roulant à 500/600 mètres par minutes, signale-t-elle, on voit, grâce à l'endoscopie, les voix respiratoires fonctionner à grande vitesse. C'est souvent plus révélateur que la seule auscultation au repos."



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