
La tête, particulièrement les yeux, est très convoitée par les insectes/photo Marysa Merlo
L’été est une période appréciée du cavalier. Il fait beau. Les jours rallongent. Tout est réuni pour passer de bons moments avec sa monture. Mais un intrus vient souvent gâcher le plaisir. Il se nomme insecte. Il peut parfois faire vivre au cheval un enfer. Par rédaction
Il n’y a pas qu’en plein été que les tiques, mouches et autres taons se jouent des nerfs des équidés. Les insectes les harcèlent dès les premières chaleurs, au printemps, jusqu’aux premières fraîcheurs, à l’automne. Ils sont plutôt du genre « irritant ». Non seulement ils piquent la peau des chevaux, mais ils leur butinent les yeux et les plaies, l’intérieur des cuisses et des oreilles, le contour de l’anus, de la vulve et du fourreau. Ils peuvent quelquefois conduire à une immobilisation totale, tellement ils peuvent faire de dégâts.
C’est malgré tout durant la période estivale que les insectes sont les plus virulents, principalement à la tombée de la nuit. Aucune région de France n’est épargnée par ces envahisseurs. Seule l’altitude, à cause de ses nuits plus fraîches qu’en pleine, en diminue l’ardeur. A l’inverse des zones océaniques, qui les excitent.
Ce sont surtout les insectes volants qui attaquent les chevaux, plus exactement les femelles. Ce sont elles qui sont hématophages, comprenez sanguinivores. En fait, elles se posent sur la peau des équidés, sans la pénétrer. On dit des insectes qui agressent les chevaux que ce sont des ectoparasites (parasites externes).
PATHOGENE

Une tique/Photo DR
Les tiques sont parmi les plus précoces dans l’action. Elles montrent le bout de leur rostre (pièce buccale qui permet de percer la peau et de sucer le sang) dès le début du printemps. La tique est un acarien. Il y en a plus de six cents espèces. Celle qui mord les chevaux est exophile, c’est-à-dire qu’elle vit à l’extérieur, dans les bois et les prairies. La tique est pathogène. Quant elle s’en prend aux chevaux, ceux-ci courent le risque de contracter des infections ou des allergies. La plus redoutée est sans nul doute la piroplasmose (ou babésiose équine), une maladie parasitaire qui provoque de l’anémie ainsi que des dysfonctionnements hépatiques et rénaux.
Dès que la température grimpe, ce sont les mouches plates qui pointent leurs griffes. Ces bestioles, de la famille des Hippoboscoidea, volent assez peu. Mais, lorsqu’elles « élisent domicile » sur les chevaux, particulièrement en marge des organes génitaux, elles leur infligent de vraies morsures. D’où leurs réactions, parfois violentes lorsqu’ils sont victimes des assauts des mouches plates. Car elles sont difficiles à retirer d’une part, et leurs piqûres induisent de vives douleurs d’autre part.
D’autres insectes agacent particulièrement les chevaux aux beaux jours. Ce sont les moustiques et les moucherons. Les moustiques sont des diptères. Il en existe plusieurs milliers d’espèces. Quant aux moucherons, ce ne sont pas des bébés mouches. Ce sont des mouches (aussi de la famille des diptères) de petites tailles. Les piqûres de moustiques provoquent des prurits, qui peuvent être gênants pour finir. Elles peuvent aussi donner des allergies ou des maladies, comme le west nile, aussi appelé fièvre du Nil occidental, qui génère des troubles neurologiques. De leur côté, les moucherons produisent des larves de gastérophiles. Ce sont ces œufs que l’on peut voir sur les membres des chevaux en été. En se les léchant, ils se parasitent.
Mais les moucherons sont surtout craints pour leur aspect allergisant. Notamment les culicoïdes, ce sont eux qui sont à l’origine d’un mal bien connu, la dermatite estivale récidivante équine (DERE). Seuls les chevaux qui sont sensibles à la salive de ces moucherons peuvent contracter la maladie. Elle est un « poison » pour ses victimes, car elle leur inflige des démangeaisons qui peuvent être frénétiques.
INFLAMMATOIRES
En période estivale, il n’est pas rare non plus de voir des taons rôder autour des chevaux. Ces grosses mouches sont, elles aussi, des diptères. Elles appartiennent à la famille des Tanabidae. Elles n’agissent quasi exclusivement que le jour. Elles sont porteuses de virus, de bactéries, de protozoaires (petits organismes vivants) et d'helminthes (vers parasites). Leurs morsures peuvent être inflammatoires.
A ne pas confondre avec les bourdons, qui sont des Hyménoptères, que l’on croise facilement dans les mêmes périodes que les taons. En effet, les bourdons ne sont pas de la famille des mouches, moucherons et autres moustiques mais des abeilles. En principe, les Hyménoptères ne sont pas agressifs envers les chevaux. Ils ne les piquent que s’ils se sentent menacés par ces derniers. En revanche, lorsqu’ils attaquent, ils peuvent être violents. Leurs piqûres peuvent produire des œdèmes plus ou moins sévères, mais aussi des chocs anaphylactiques.
La chaleur attire aussi les poux. Chaque espèce de mammifère a les siens. Ceux des chevaux sont des poux piqueurs (Bovicola equi) ou suceurs (Haematopinus asini). Ils sont faciles à repérer, avec leurs œufs blancs et luisants, leurs lentes. Les dégâts qu’ils font ne sont pas graves si l’on intervient dès le départ. Ils sont de l’ordre du poil terne et cassant. Mais ils peuvent vite devenir plus importants, tellement ils se reproduisent et se propagent vite. Dans ce cas, leur invasion peut conduire à de grosses alopécies.
EFFICACITE RELATIVE
Il faut bien le dire, les moyens de lutte contre les insectes sont empiriques. C’est sans doute ce qui explique leur efficacité relative. C’est pourquoi, il ne faut jamais hésiter à les mélanger. « Il n’y a de toute façon pas de latitude à développer de nouvelles molécules, car nous sommes actuellement en pleine modification de la réglementation européenne sur les biocides (substances destinées à repousser et à tuer les êtres vivants). Et la liste des ingrédients autorisés va être très courte », prévient Caroline Bove, responsable produits pour un grand laboratoire spécialisé en santé équine.
On pourrait qualifier les procédés d’éviction des insectes d’indirects et de directs. Les premiers seraient ceux qui ne s’emploient pas à même les chevaux, les autres ceux qui s’aspergent, se vaporisent ou s’appliquent directement sur leur peau. Le bonnet, sur la tête du cheval, demeure le grand classique de la protection indirecte. Encore faut-il que l’animal le supporte. Dans le même genre, il y a le masque ou le licol à franges. Toutes ces solutions de lutte contre les insectes ne sont pas toujours de la meilleure esthétique. De plus, elles n’isolent des bestioles que la tête des chevaux.
Dans la même catégorie, de moyens de luttes indirects, il y a évidemment la protection naturelle. La queue et le toupet sont en effet de bons remparts contre les mouches entre autres, à condition qu’ils ne soient pas toilettés trop courts. On trouve aussi les chemises et les couvertures nids-d'abeilles. Mais également ces deux méthodes : qui consistent ou à enfermer les chevaux aux heures les plus chaudes de la journée, ou à barricader les boxes avec des moustiquaires ou des morceaux de tissu d’une vingtaine de centimètres de largeur, à la manière de grands rideaux. Certes, ce sont toutes de bonnes intentions. Elles diminuent les attaques, mais ne les évitent pas.
Le bon sens, mais surtout l’hygiène, est un autre moyen indirect de prévention contre l’assaut des insectes. Tenir des boxes propres, détruire les gîtes larvaires - autrement dit retirer les crottins des carrières et des manèges, des prés et des paddocks -, débroussailler les taillis, curer les cours d’eau... contribuent à ne pas attirer les petites bêtes. « Il faut rappeler que le nettoyage des écuries est primordial, insiste Caroline Bove. Ainsi, placer le tas de fumier loin des boxes permet de ne pas attirer les insectes. » Idem pour le bon pansage : lorsqu’il est fait régulièrement, surtout à la belle saison, il supprime le lit des bestioles. Car ce sont bien la saleté, l’humidité et la chaleur qui constituent leur nid.

Côté prévention directe, le choix tourne autour de trois grandes familles de produits : les insectifuges, les insecticides et les acaricides. Les insectifuges ont une action très brève, de l’ordre de quelques heures. Ils sont destinés à faire fuir les insectes. Ils se présentent souvent sous la forme de roll-on (bille à masser), de solution, de spray ou de gel. « Certains peuvent facilement être mis dans une poche pour être emmenés en randonnée ou en concours, souligne la chef produits. C’est le cas des roll-on. Ils sont très pratiques. Et, du fait de leur composition, similaire à certains produits pour nourrissons, ils peuvent même être employés sur les cavaliers. »

Les insecticides, comme les acaricides d’ailleurs, ont, eux, une action prolongée, qui peut aller jusqu’à plusieurs jours. « Mais pas deux semaines, voire plus, comme il est quelquefois avancé, dit Caroline Bove. Le problème que nous rencontrons avec les chevaux, c’est la sudation. En ne faisant rien, la même sudation peut faire évaporer un produit en quatre ou cinq jours. Alors, dès que les chevaux travaillent, il faut appliquer plus régulièrement. »
Les insecticides et les acaricides sont généralement des lotions, des crèmes ou des préparations à diluer dans de l’eau. Les premiers ont pour rôle de tuer les insectes, et les seconds les acariens. Peu de ces produits sont autorisés à être employés sur les chevaux, car rares sont ceux qui ont une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour ces animaux. « Et les choses vont très certainement se compliquer, dit la représentante du laboratoire. Car il faudra, dans les temps à venir, déposer des dossiers auprès du ministère de l’Environnement et de l’Ecologie pour la sortie de chaque nouveau produit, et les étiquettes devront être plus complètes. »
Les insecticides et les acaricides sont globalement à base de dympilate, de phoxim ou de perméthrine. Ils peuvent être utilisés autrement que sur la peau des chevaux : sur les murs des boxes, les moustiquaires, les sols des manèges et des carrières, les couvertures et les harnachements, etc. Mais Caroline Bove de rappeler que, quels que soient les produits employés sur la peau des chevaux, il faut : « premièrement les tester sur une petite surface pour s’assurer qu’ils sont bien supportés, notamment qu’ils sont ni allergisants ni photosensibilisants ; deuxièmement en mettre une quantité suffisante (celle qui est préconisée par le fabricant) pour qu’ils soient efficaces ». « Mettre un répulsif, sur un cheval propre et dans les doses indiquées, en améliore grandement l’action », fait encore remarquer la chef produits.
Conseils et rappels
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Reste que la prévention est une chose, et que le soin en est une autre. Malgré les moyens qui peuvent être mis en œuvre, les insectes arrivent régulièrement à leur fin, se nourrir du sang des chevaux. Ce qui n’est pas sans causer, dans certains cas, de sérieuses lésions de la peau. Il faut alors agir vite. Une plaie, si petite soit-elle, représente toujours un repas pour les insectes. En plus de la désinfection habituelle, à l’Iode ou à la Chlorhexidine par exemple, il faut appliquer des crèmes insecticides, ou tout simplement de l’huile, qui a la particularité d’asphyxier les insectes.
De son côté, l’apport d’antihistaminiques n’a pas fait la preuve de sa réelle efficacité pour lever les allergies, aux culicoïdes et aux hyménoptères notamment. En cas d’agression massive, c’est toujours la corticothérapie, voire l’apport d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui reste le soin de première intention. Il est néanmoins souvent complété de traitements locaux. L’antibiothérapie est par contre inutile ici. Tout comme le sont un grand nombre de recettes de grand-mères, hormis peut-être les indétournables vinaigre tiède pour décoller les œufs de mouches des poils des chevaux, la citronnelle ou encore l’huile de foie de morue pour en éloigner les insectes.
Infos pratiques Le prix d’un insectifuge roll-on de 100 ml est de 11 € environ. C’est un euro de plus pour un flacon de gel de 250 ml. Un insecticide vaut en moyenne 21 € les 500 ml. Tandis qu’un flacon de spray de l'un ou l’autre des deux produits avoisine les 40 € le L. Ces tarifs sont donnés à titre indicatif, et pour des produits qui bénéficient d’AMM chevaux uniquement. |
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Le sondage
Ecrit par: Rédaction, Le: 24/03/11






















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