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Rss Couverture santé, de quoi faut-il se méfier


Photo Marysa Merlo



Ce n’est pas seulement une question de prix. Assurer la santé de son cheval ne se fait pas au hasard. Les contrats sont nombreux. Les conditions et options ne manquent pas. Voici ce qu’il faut savoir. Par Sébastien Chauveau

C’est un poste important dans la gestion d’un cheval. Le budget santé peut vite grimper. C’est pourquoi, il faut s’en soucier avant d’y être confronté. C’est une erreur de langage qui est souvent commise. Comme pour les humains, on voudrait parler de mutuelle pour la prise en charge des soins aux animaux. « Ce n’est pas possible, rappelle Yves Valantin, gérant d’un cabinet de courtage en assurances équestres, car les chevaux, comme les chiens et autres chats, n’ont pas de sécurité sociale. Leurs soins ne font l’objet d’aucun remboursement. » On ne doit donc pas parler ici de mutuelle au sens strict du terme, mais d’ « assurance santé », plus exactement d’ « assurance frais vétérinaires ».

Pour être clair, la mutuelle vient en complément. L’assurance, elle, prend en charge totalement. Mais voilà, il y a assurance et assurance. Celle qui nous intéresse a en principe pour rôle de subvenir aux dépenses des frais vétérinaires. Il faut, hélas, constater que ce n’est pas forcément évident.

En effet, c’est l’une des clauses à laquelle il faut veiller lorsque l’on souscrit à un contrat d’assurance frais vétérinaires pour son cheval : qu’ « il couvre bien dès « la sortie » du premier euro », prévient M. Valantin. Certains contrats ne prévoient pas de se déclencher au moindre incident. D’autres ne prennent pas en charge les médicaments. Il y en a qui fixent des limites dans les champs d’actions, qui écartent entre autres tout ou partie des soins liés au poulinage ou ne paient pas les frais d’ « hôtellerie » (d’hébergement en clinique). Et certains qui ne supportent que les interventions d’urgence.

Au chapitre des habitudes, relativement courantes, on trouve aussi le plafonnement des remboursements. « Il est fréquent que des contrats les établissent à tant d’euros par an, ou fixent des limites de prise en charge des soins par intervention, voire les deux à la fois », souligne le professionnel. « C’est normal, plaide de son côté Jacques Jeangirard, directeur d’une grande compagnie spécialisée dans l’assurance du cheval. C’est purement économique. Pour ce qui nous occupe, nous avons fixé, comme beaucoup de nos confrères, le plafond à trois mille euros par année, voire cinq mille dans certains cas. C’est largement suffisant. Cela couvre les besoins médicaux de la plupart des chevaux. » « Il y a aussi les sous-limitations, dénonce M. Jeangirard. C’est-à-dire que dans le même plafond, il y a des assurances qui cloisonnent les dépenses à tant d’euros par an pour les radios, les actes médicaux, les analyses, etc. »

Vous l’aurez compris, il faut être vigilant. Pour autant, il existe quelques règles qui évitent les mauvaises surprises. En voici une au moins. Elle est générale : « Je ne connais pas d’organisme qui accepte de prendre en charge la santé d’un cheval qui n’a pas de contrat d’assurance mortalité de base (voir encadré) », signale le courtier. Pour son confrère, il y a, là encore, une explication : « S’il n’y avait pas cette condition absolue, les compagnies qui assurent des chevaux auraient du mal à compenser (équilibrer leurs comptes). » Et de poursuivre : « Il ne faut pas oublier que, au regard des prestations et de ce qui se pratique dans d’autres espèces, comme les chiens par exemple, les tarifs des assurances frais vétérinaires pour les chevaux sont nettement inférieurs à ce qu’ils devraient être. » Mieux vaut alors veiller à toutes les clauses, si l’on veut que son animal soit parfaitement pris en charge.

L’assurance mortalité


Mieux vaut assurer son cheval dès son plus jeune âge/Photo Marysa Merlo



Elle est le pendant de la garantie frais vétérinaires. L’assurance mortalité, qui se nomme aussi « garantie mortalité », a pour but de couvrir le décès du cheval. Son tarif est établi à partir d’un pourcentage estimé de la valeur de l’animal. Seulement, pour que l’option frais vétérinaires soit acceptée, des sociétés n’hésitent pas à exiger une valeur de base minimale. C’est-à-dire que l’estimation soit forcée. Il est malgré tout possible de trouver sur le marché à assurer les frais vétérinaires de son cheval pour une garantie mortalité de 1 000 euros. Ce qui permet aux chevaux de « petite valeur » d’être aussi bien couverts que les autres.]


DEUX CATEGORIES


La mésothérapie est exclue des contrats d'assurances frais vétérinaires/photo Marysa Merlo

Les assurances frais vétérinaires se divisent en deux catégories. Dans la première, il y a en gros deux degrés de garanties. Le premier est celui qui couvre les chirurgies graves, comme les fractures et les coliques. « Le retrait d’un kist derrière un œil n’est par exemple pas pris en charge par ce type de contrat », prévient Yves Valantin.

Le second degré propose des garanties qui sont beaucoup plus étendues que le premier. Mais là encore, attention aux « petites lignes » : « Certains contrats prévoient des franchises, qui peuvent être de l’ordre de 150 euros, ou des délais de carence, qui peuvent atteindre les soixante jours », dit le courtier. Il y en a aussi, qui, bien qu’ils soient du second degré, ne font démarrer les garanties qu’après le même délai de carence. C’est-à-dire que si un sinistre arrive dans les soixante jours, ils n’en honorent plus les frais. Toujours dans les contrats du second degré, il y en a qui affichent une multitude de conditions. C’est le cas de la castration : tantôt, c’est une option sous condition d’âge ; tantôt, il faut que le cheval en ait atteint un (âge) pour que la castration soit couverte par le contrat.

La deuxième catégorie d’assurance frais vétérinaires est plus rare. Disons qu’elle est réservée à des chevaux de valeur ou à des propriétaires qui tiennent absolument à ce que leur animal soit totalement pris en charge. On peut qualifier ces assurances santé de haut de gamme. Leurs cotisations annuelles avoisinent les trois-cent- quatre-vingts euros, quelquefois plus. Pour autant, elles ne sont pas, elles non plus, exemptes de conditions. « Souvent, ces assurances couvrent tous les frais, avec un plafond annuel tout de même. Mais elles ont généralement une franchise de deux-cents euros ou plus par sinistre », explique Yves Valantin.

Il n’existe pas de contrats qui couvrent isolément les médicaments, les frais d’actes, les dépenses d’hospitalisation... ces prestations sont toujours réunies dans des contrats globaux. Il y a également des frais médicaux qui sont exclus des assurances frais vétérinaires. Ce sont les produits de soins. En clair, « vermifuger, vacciner ou donner des compléments alimentaires à son cheval n’est jamais remboursable », souligne le professionnel. C’est la même chose pour certains actes. La mésothérapie, l’ostéopathie ou encore les prothèses sont régulièrement hors contrats.

Quelques faits et conséquences ne sont pas non plus couverts par les assurances frais vétérinaires. C’est le cas de la maltraitance, du préjudice comportemental ou encore des suites du dopage. Il y a aussi des affections qui n’entrent pas dans le champ de compétence de ces assurances. Ce sont notamment le syndrome de wobler ou la rhodococcose, mais également les soins de base nécessaires aux poulains dans leurs six premiers mois de vie. Les lésions osseuses ou tendineuses font, quant à elles, généralement l’objet de garanties avec indemnisations spécifiques. Enfin, il faut le savoir, pour prétendre à des remboursements, il est indispensable que les soins, médicaments, actes médicaux ou chirurgicaux soient prescrits et réalisés par des praticiens agréés.

Témoignage


Il y a autant de poneys que de chevaux qui sont assurés/Photo Marysa Merlo



Assunta ne comprend pas. Il y a sept ans, elle assure le poney de sa fille. Pendant plusieurs années, tout se passe bien. Les choses se compliquent voilà deux ans. Le poney fait une petite bronchite, et l’assurance doit rembourser pour la première fois une cinquantaine d’euros.

Mais ça continue, le poney déclare quelque temps plus tard une arthrose. Il subit divers traitements. L’assurance rembourse à auteur du contrat, sans difficulté. Puis, l’arthrose récidive et s’amplifie. C’est le début du différent entre Assunta et son assurance. Car cette fois, le poney reçoit de gros soins et examens, et la note finale est élevée, autour de 1 200 euros.

La surprise est en fait venue des clauses du contrat. « Je pensais avoir une assurance « top gamme », qui couvrait tout sans aucune limite. Or, je me suis aperçue que ce n’était pas du tout ça. L’arthrose n’est prise en charge qu’à 50 %. Et certains frais, comme les frais d’urgence, sont plafonnés par année », déplore-t-elle.

A défaut de devoir mettre la main à la poche, Assunta s’est vue exclure dans la plus grande froideur administrative de sa compagnie d’assurances. « Disons que l’on veut bien m’y reprendre mon poney, mais avec un contrat « entrée de gamme », qui ne m’intéresse pas ! », fustige la maman en colère. Assunta s’est quand même livrée à un petit calcul. Pendant sept ans, elle a versé 3 500 euros à son assurance. Celle-ci, pour les sinistres du poney de sa fille, n’a eu qu’à lui rembourser qu’un petit millier d’euros...


Les assurances frais vétérinaires sont accessibles à tous les chevaux. Reste que ceux de courses doivent souvent souscrire à des contrats particuliers. « Cela s’explique par le risque que génère leur activité de courses », reconnaît Yves Valantin.

L’âge du cheval fait partie des critères d’acceptation. Pour contracter une assurance frais vétérinaires pour son cheval, douze ans est régulièrement l’âge maximum, six mois le minimum. C’est pire si un cheval n’a jamais été assuré, ou s’il souhaite changer de compagnie : « Dans ce cas-là, les compagnies sont très regardantes, prévient le courtier. Au critère de l’âge, peuvent s’ajouter ceux de l’activité ou des antécédents vétérinaires. »

Ce sont les chevaux de sports et de loisirs qui ont le plus d’assurances frais vétérinaires. Il semblerait, qu’avec la crise économique, davantage de propriétaires se tourneraient vers ce type de prestation. « Les gens n’ont plus les moyens d’assumer seuls des frais médicaux, parfois très lourds, ou de se racheter un cheval quand le leur est gravement blessé ou quand il meurt », constate Yves Valantin. D’une manière générale, on peut dire que les assurances frais vétérinaires ont leur intérêt. Surtout quand on sait qu’une chirurgie, de colique ou de fracture notamment, peut vite atteindre les deux mille euros. Et que ce sont tout de même des incidents assez fréquents. « Ce sont l’essentiel de nos déclarations de sinistres, avant les pathologies de l’appareil locomoteur ou les accidents de prés », enregistre Jacques Jeangirard, qui assure une dizaine de milliers de chevaux par an.

Il faut toutefois bien établir le ratio risque/tarif lorsque l’on contracte une assurance frais vétérinaires pour son cheval. Car d’une part, il n’est pas nécessaire de garantir de la même façon un cheval de randonnée et un de sport. Et d’autre part, une prime élevée n’est pas un gage d’être bien assuré.

Tarif moyen



Le tarif d’un contrat frais vétérinaires est comme l’assurance elle-même : complexe. Pour faire simple, comptez 2,70 % de la valeur assurée pour la garantie mortalité, et vous obtiendrez le prix moyen d’une assurance frais vétérinaires pour une année. Il faut savoir qu’il y a des compagnies qui cessent leurs prestations aux quatorze ans de l’animal, ou qui réduisent leurs indemnisations à ses quinze ans. Heureusement, d’autres proposent de l’indemnisation à 100 % de la valeur garantie, du maintien d’indemnisation ou de remboursements jusqu'aux dix-huit ou quinze ans. Pour les extensions de garantie, tout comme pour la recherche et l’établissement de ce type de contrat (frais vétérinaires) d’assurance d’ailleurs, le courtier reste votre meilleur ami.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 30/09/10