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Rss Visite d’achat : les tests de base

Sommaire:

 


Cet examen est vivement indiqué/Photo Nicolas Chauveau



Acheter un cheval est toujours une opération délicate. Aux possibles boiteries, s'ajoutent les éventuels problèmes respiratoires, dorsalgiques, comportementaux... qui peuvent rendre l'animal inutilisable. Pour éviter ces déboires, le recours à la visite d'achat est indispensable. Le docteur vétérinaire Xavier Goupil en détaille les points précis. Par S. C.

La visite d'achat est un peu au cheval ce qu'est le contrôle technique à l'automobile. Une somme de vérifications, qui permettent de mettre en évidence un certain nnombre de dysfonctionnements et d'anomalies. Mais la comparaison s'arrête là. Puisque, pour le cheval, il s'agit tout de même, de la part du vétérinaire, d'établir un bilan ponctuel, en forme de pronostic, à un instant donné. Tous les chevaux peuvent donc être concernés par un tel examen. Evidemment, les exigences ne seront pas les même si l'animal acheté a des prétentions de concours complet, de concours hippique, de dressage, etc., que s'il est simplement voué à une heure de promenade par semaine.

TREIZE POINTS ESSENTIELS


Contrôle des papiers/Photo Marysa Merlo

La visite d'achat s'effectue à la demande de l'acquéreur, de préférence avant la transaction, en une à deux heures, selon un protocole bien particulier et une somme oscillante entre 150 et 300 euros. Le vétérinaire commence par les examens généraux. Au nombre d'une centaine, revenons sur les treize les plus essentiels.

L’observation de l'état général. "Le cheval doit être gai, en état d'engraissement suffisant, ni craintif ni anxieux, et ne pas avoir de défauts majeurs pouvant expliquer ou résulter d’un quelconque problème physiologique, de croissance ou d'utilisation", signale Xavier Goupil, vétérinaire à l'Ecole nationale d'équitation (ENE). Autrement, toutes les tares (asymétrie des masses musculaires, défauts d’aplomb, cicatrices, suros, déformations diverses...) doivent être appréciées de façon individuelle au cours de l’examen. Un bon état général est, faut-il le rappeler, gage de bon comportement et de bonne santé.

Le contrôle des papiers. "Il faut en effet s'assurer que le cheval présenté soit bien le bon !", ironise notre praticien. Depuis le 1er janvier 2002, tout équidé doit avoir un livret signalitique sur lequel figurent ses descriptions graphiques (couleur, épis, balzanes etc.) et littérales (origines, nom, sexe...), mais également ses vaccinations, qui doivent être à jour.

UN BON TEMOIN


Auscultation cardiaque/Photo Marlen Volland

L’examen des dents. C'est un bon témoin de l'âge du cheval. Au-delà de cela, toute usure non physiologique de la table dentaire peut laisser supposer que l'animal tique à l'appui, ce qui constitue un vice rédhibitoire. "C'est examen nous permet aussi d'avoir un "oeil sur la bouche" du cheval et de détecter d'éventuelles anomalies buccales", précise le Dr Goupil.

L’examen des muqueuses oculaires. Après avoir fait un test de clignement à la menace, qui donne une rapide indication sur la vision du cheval, l'homme de l'art s'intéresse aux annexes de l’œil, et notamment aux muqueuses, dont les variations de colorations peuvent révéler une anémie, des problèmes infectieux ou hépatiques (de foie). A l’aide d'un ophtalmoscope, l'exploration de la chambre antérieure et du fond de l’œil permettent aussi de préciser d’éventuelles lésions affectant la vue du cheval.

L’auscultation cardiaque et pulmonaire. "Elle est toujours précédée d'un examen du système veineux superficiel (veines visibles sur la partie inférieure de l'encolure), qui peut traduire une mauvaise vascularisation des tissus", précise Xavier Goupil. "Quant à l'auscultation proprement dite, poursuit-il, elle vise à détecter d'éventuels bruits anormaux du coeur et des poumons." L'un ou l'autre de ces dysfonctionnements (du système veineux, du cœur ou des poumons) pouvant sérieusement entraver la carrière d'un cheval aux destinées sportives.

PAS OBLIGATOIRE


Auscultation digestive/Photo Marysa Merlo

L’auscultation digestive. Bien que pas obligatoire lors d'une visite d'achat, ce contrôle peut conforter le vétérinaire dans son jugement. Si le transit intestinal est normal, le cheval est en bonne santé. S'il ne l'est pas, il peut être parasité, mal alimenté ou avoir des troubles de la flore intestinale.

Le test de mobilisation de l'encolure. "Beaucoup de chevaux ont des pathologies cervicales, qui résultent soit de chutes, soit du fait qu'ils tirent « au renard », soit d’utilisations inadaptées", signale le vétérinaire de l'ENE. Ainsi, le but n'est-il pas, lors de ce test, d'obliger le cheval à manger, sans se décaler, de l'aliment placé à la hauteur de son épaule. S'il n'y arrive pas, on peut alors craindre un problème vertébral, handicapant quoi qu’il fasse.

Le regarder trotter. Au pas et au trot, en ligne droite et sur le cercle, sur sol dur et sur sol mou, cette vérification vise à mettre en évidence certaines sensibilités ostéoarticulaires et musculotendineuses du cheval. "Elles peuvent se traduire par des troubles locomoteurs, allant de la très discrète irrégularité d'allure jusqu’à la boiterie caractérisée", affirme le Dr Goupil.

SUR LES ANTERIEURS ET LES POSTERIEURS


Une flexion du boulet/Photo Marysa Merlo

La flexion du boulet. Elle se fait sur les antérieurs et les postérieurs, en statique (sans bouger, durant quelques secondes) comme en dynamique (durant une bonne minute, suivie d'un départ au trot sur 15 foulées). "Dans les deux cas, on tient compte, lors ou à l'issue de la tension de la capsule articulaire et des ligaments, de la réaction du cheval, explique notre vétérinaire. Elle peut aller de la simple restriction lors de la flexion jusqu'à la suppression totale de l'appui au moment du départ au trot." Inutile de dire que plus la douleur est aiguë, plus le pronostic sportif est réservé.

La flexion et la rétraction du membre pelvien. A l'instar du boulet, elle se fait en statique et en dynamique. "C'est, en revanche, un test beaucoup moins spécifique, donc beaucoup moins précis, que celui du même boulet, avoue le Dr Goupil. Car, lorsque l'on fléchit un membre postérieur, on intéresse quatre articulations à la fois." Néanmoins, la douleur ou la boiterie peuvent-elles révéler, ici, un certain nombre de problèmes aussi variés que des conséquences de maladies dégénératives d’origine juvéniles, des affections ostéoarticulaires, ou encore des sensibilités ligamentaires ou tendineuses liées à l’utilisation sportive du cheval.

La protraction du membre antérieur. En amenant progressivement son membre vers l'avant et à la verticale, le cheval peut manifester une défense, parce qu'il a vraiment mal, ou aller vers le vétérinaire, parce que ce geste le gêne. "Les efforts ou les écarts de coudes et d'épaules étant extrêmement rares chez le cheval, cela signifie, plutôt, qu'il a reçu un coup ou qu’il a subi un traumatisme à ce niveau-là", précise notre spécialiste.

COMPRESSION DE L'OS


Test de la pince/Photo Marysa Merlo

Le test de la planche. Au moyen d'un morceau de bois d'environ 1,20 mètre de long et de 20 millimètres d'épaisseur, qu'il glisse sous le pied du cheval et qu'il remonte progressivement jusqu’à une hauteur de 60 centimètres, le vétérinaire pratique une compression de l'os naviculaire. Ainsi, selon le degré de défense de l'animal, il peut en déduire une sensibilité plus ou moins importante du pied, qui n’en demeure pas moins compromettante, surtout s'il est amené à évoluer dans le milieu du sport.

Le test de la pince. Il est complémentaire à celui de la planche. "On exerce, en dessous du pied du cheval, des petites pressions ponctuelles, d'abord, et des appuis plus prolongés, ensuite, explique Xavier Goupil. Si le cheval réagit, c'est qu'il peut avoir eu des blêmes, des surcharges du pied dues à des ferrures mal adaptées, ou avoir une sensibilité au niveau de l'os naviculaire." Pour autant, comme souvent, ce genre de test doit être pondéré et confronté à d'autres, à celui de la planche et des allures notamment.

Au besoin, tous ces examens généraux peuvent être appuyés par des vérifications complémentaires : radiographies, endoscopies, analyses de sang... Malgré tout, en dépit du certificat délivré par le vétérinaire à l'issue d'une visite d'achat, il ne s'agit que d'un avis qui n'engage pas sa responsabilité en cas de litige sur la vente, ce dernier n'ayant qu'une obligation de moyens et non de résultat. Reste qu’il demeure tout de même un précieux conseil pour tout acquéreur désireux d'éviter l'erreur.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 06/11/06