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Rss Artérite, infos pratiques


La présence d'une hyper thermie, lors de cette maladie, peut faire penser à une grippe ou une rhinopneumonie/Photo Manoel Relet



Ce n’est pas une nouvelle maladie. Certes, l’artérite virale équine (AVE) fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années, à cause notamment de l’épizootie de 2007, qui avait atteint plusieurs élevages normands. En réalité, la maladie sévit la plupart du temps sans symptôme. Mais son diagnostic est si complexe à poser qu’elle n’est pas facile à affirmer. Par Sébastien Chauveau

Ce n’est pas une nouvelle maladie. Certes, l’artérite virale équine (AVE) fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années, à cause notamment de l’épizzotie de 2007, qui avait atteint plusieurs élevages normands. Cet été encore, deux foyers de la maladie ont été signalés dans le sud de la France. Mais ils ont rapidement été maîtrisés.

En réalité, l’artérite virale équine sévit la plupart du temps sans symptôme. Elle fait surtout parler d’elle au printemps et à l’été, lors des dépistages de monte, mais elle peut frapper toute l’année. Reste que le diagnostic de l’AVE est complexe à poser. Ce qui la rend difficile à affirmer.

L’artérite virale équine est une maladie virale contagieuse. Elle est provoquée par un virus de la famille des arteriviridae, qui ne s’attaque qu’aux équidés. Ce virus a peu de résistance à l’environnement, mais est rebelle à la congélation. Il peut d’ailleurs conserver son pouvoir pathogène dans du sperme congelé pendant plusieurs années. Le virus de l’AVE n’apprécie par contre ni le soleil, ni les fortes chaleurs, ni l’humidité. Il n’aime pas non plus les désinfectants, notamment les virucides.

L’artérite virale équine a touché pour la première fois les équidés dans les années 1950. Durant trente ans, elle n’a guère suscité d’inquiétude, jusqu’à cette grosse épidémie dans le Kentucky (Etats-Unis) en 1984. La maladie est principalement transmise par les voies sexuelles et respiratoires. Mais elle peut aussi l’être de manière indirecte, par du sperme congelé ou du matériel d’insémination contaminé.

AUSSI NOMBREUX QUE VARIES


Un cheval abattu/Photo Marysa Merlo

Les signes de l’AVE sont aussi nombreux que variés. « Ce qui est compliqué avec cette maladie, c’est de l’établir cliniquement », concède Christel Marcillaud Pitel, la directrice du RESPE (réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine), qui est aussi vétérinaire. En effet, les chevaux qui en sont victimes peuvent ne rien montrer comme signe, ce qui ne les empêche pas d’être contagieux. Inversement, ils peuvent laisser apparaître de la fièvre, de l’abattement, du jetage nasal, de la conjonctivite, de l’urticaire... « Reste qu’il y a au moins trois types de signes qui peuvent faire penser à de l’artérite virale équine, poursuit la directrice, surtout s’ils sont associés. Ce sont les syndromes respiratoires aigus ; les œdèmes (de l’appareil génital et des membres) ; ou encore les avortements. »

L’AVE se confirme uniquement par des analyses en laboratoire. Les examens varient selon que l’on recherche ou la présence du virus dans l’organisme du cheval, ou l'existence dans son sang des anticorps du dit virus. « Dans le premier cas, les tests s’effectuent à partir d'écouvillonnages nasaux, de lavages respiratoires, d’avortons, etc., explique le Dr Marcillaud Pitel. Dans le second, il s’agit d’analyses sanguines. » Pour que la recherche des anticorps soit interprétable, il faut ici que l’analyse soit réalisée deux fois à quinze jours d’intervalle. C'est ce que l'on appelle une cinétique.

Après infection, les juments et les hongres se débarrassent généralement du virus de l’artérite virale équine en quelques semaines. Seuls les étalons infectés peuvent devenir porteurs sains asymptomatiques de la maladie et en être excréteurs dans le sperme pendant plusieurs années. Ce sont d’ailleurs les mêmes étalons, excréteurs, qui sont la cause principale de la circulation du virus de l’AVE. Et quand ils le sont, dans 40 % des cas, ils le restent toute leur vie. Il faut noter que les étalons excréteurs sont interdits de saillie, sauf dérogation particulière.

PAS TRANSMISSIBLE A L’HOMME


La pneumonie que développent les poulains à cause d'une artérite virale équine leur est souvent fatale/Photo Syl Arabians

La période connue d’incubation de l’artérite virale équine est d’environ une semaine par voie génitale, et d’à peu près trois jours par voie respiratoire. Un cheval qui est contaminé par le virus de l’AVE reste contaminant durant tout le temps de sa maladie, et parfois au-delà. Cette dissémination n’est toutefois pas transmissible à l’homme. Depuis l’épizzotie d’AVE de 2007, la filière s’est mobilisée pour mieux détecter la maladie. Les mesures de contrôle ont été renforcées. Certains stud-books ont même mis en place leur propre dispositif de détection. Et pourtant, « il y a toujours des échappements aux contrôles », déplore la vétérinaire. C’est notamment le cas dans les races qui pratiquent beaucoup les croisements.

En cas de foyer déclaré d’artérite virale équine, les précautions à prendre sont multiples. Premièrement, il faut stopper les mouvements, autrement dit les entrées et les sorties d’animaux, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du foyer. Deuxièmement, il est important d’appliquer des mesures d’isolement, aux chevaux malades d’une part, et aux juments gestantes d’autre part. Troisièmement, il est indispensable de veiller à l’hygiène, notamment de bien décontaminer le matériel d’insémination et de contention entre chaque cheval, mais également de se nettoyer les mains, les bottes, le tablier...

Lors de suspicion de la maladie, il faut d’abord isoler les chevaux douteux. Il faut ensuite limiter les mouvements, et mettre en place une quarantaine pour les chevaux qui viennent du ou des foyers suspectés. Mais surtout, en cas de suspicion d’artérite virale équine, il faut appeler un vétérinaire, pour qu’il examine les chevaux supposés malades et procède aux examens nécessaires.

Il n’existe pas de traitement pour enrayer l’artérite virale équine. Les soins de cette maladie reposent exclusivement sur l’administration d’anti-pyrétiques, pour faire baisser la fièvre ; d’anti-inflammatoires, pour combattre la douleur ; et de vitamine C, pour renforcer les défenses immunitaires. Côté prophylaxie, seul un vaccin tué est disponible en France. En plus du respect des mesures habituelles d’hygiène et de circulation des animaux évidemment.

Rappels

Participer à des compétitions en période d'AVE peut s'avérer très contraignant/Photo Marysa Merlo



L’artérite virale équine est une maladie à déclaration obligatoire dans notre pays. Cela signifie qu’elle doit être portée à la connaissance de l’autorité vétérinaire dès qu’elle est détectée ou suspectée. En cas d’épizootie d’AVE, les organisateurs de manifestations équestres comme les participants doivent prendre les mesures qui s’imposent pour ne pas engager leur responsabilité dans la diffusion du virus. Cette obligation est imposée par la loi du 21 septembre 2000 et l’article L228-3 du Code Rural, qui édicte que « le fait de faire naître ou de contribuer volontairement à répandre une épizootie chez les vertébrés domestiques est puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 500 000 francs », et que « le fait, par inobservation des règlements, de faire naître ou de contribuer à répandre involontairement une épizootie est puni d’une amende de 100 000 francs et d’un emprisonnement de deux ans ». Toujours lors d’épisode d’artérite virale équine, il est recommandé de demander des certificats médicaux de bonne santé pour les chevaux qui participent à des rassemblements. Mais aussi de faire réaliser des dépistages en laboratoire pour s’assurer que ces derniers sont bien négatifs à la maladie.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 15/08/11