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Rss Transport : le stress en mer


Dessin Nicolas Chauveau



Durant les longs voyages en bateau, les chevaux changent souvent d'environnement. Ils passent du lieu d'achat à la cale, de la zone de concentration aux écuries du port, du contrôle sanitaire à la quarantaine... Cela signifie, qu'en quelques jours, ou semaines selon le temps des déplacements, les chevaux des mers peuvent connaître jusqu'à une dizaine de lieux différents. Un contexte très stressant. Par Rédaction

Pour éviter aux chevaux d’angoisser pendant les longues traversées, il est important qu’ils gardent des points de repère. Ce sont, entre autres, la température, l’hygrométrie ou encore la teneur en ammoniac des cales. « Ce peut être difficile à maintenir, avoue Jacques Lemarquis, spécialiste du transport des animaux et auteur de plusieurs études sur le sujet. C’est notamment le cas lorsque les chevaux sont nombreux et que les volumes d'air sont faibles. »

Toutes ces normes microclimatiques sont essentielles à conserver. Elles permettent aux animaux de moins stresser. Cependant, leurs amplitudes peuvent être plus néfastes que leurs non-respects. « C’est d'autant plus vrai que les chevaux voyagés sont jeunes ou inexpérimentés », souligne l’habitué des grandes voguées.

L’atmosphère microbienne a aussi son rôle sur le stress du transport par mer. En effet, des animaux qui sont sales, parasités ou malades affrontent moins bien ces voyages-là. Idem lorsqu’ils sont convoyés dans des conditions d’hygiène qui laissent à désirer. Par exemple, une cale qui est insuffisamment nettoyée n’est pas tranquillisante pour les chevaux.

ETRE EN BONNE SANTE


Photo Marysa Merlo

Il est certain que des animaux qui approchent les grandes traversées en bonne santé physique et mentale ont plus de chance de les supporter que ceux qui les abordent en étant diminués. Ils sont en effet capables de faire face à la hiérarchie sociale qui s’impose en pareil cas. Encore faut-il que les conditions de convoyage soient favorables. Notamment, que les cales soient suffisamment vastes.

« C’est par l'évitement que les chevaux fuient la dominance, rappelle Jacques Lemarquis. C’est pourquoi, il est nécessaire, qu’ici, chaque logement soit assez grand. » C’est primordial, si l’on ne souhaite pas que la panique entraîne des risques médicaux comme la fourbure, les coliques, les indigestions, etc. Ou que, sur le plan mental, le détachement des animaux à leur entourage n’ait pas d’incidences notables. Car les chevaux, que l’on dit « domestiques », « ont tout de même besoin de la présence de l'homme, le plus souvent possible. Les en séparer engendre bien une situation de stress supplémentaire, surtout s’ils ne le voient pas ou que partiellement, comme c’est régulièrement le cas durant les voyages de plusieurs semaines », est formel le spécialiste.

« Au fil des jours, nous observons parfois dans les bateaux des chevaux qui restent dans leur coin, qui ne mangent et ne s'abreuvent qu'en présence de l'homme qui passe un peu de temps avec eux, dit encore Jacques Lemarquis. Certains paraissent même complètement perdus. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. »

CHANGEMENT RADICAL


Photo Marysa Merlo

D’ailleurs, le professionnel du transport constate-t-il que ce sont dès les premières quarante-huit heures de traversée « que les comportements des chevaux changent radicalement. Ils sont différents s’ils ne dépendent que d'une seule personne, dont ils connaissent la voix, les caresses, les attentions... Ou s’ils sont sous la coupe de plusieurs individus, qui s’ « occupent » d’eux rapidement, en gesticulant et en les ignorants. » C’est ainsi que Jacques Lemarquis en a déduit, que, « pour qu’il n’y ait pas de situations de stress à bord, il faut qu’il y ait un soigneur pour un lot de chevaux ».

Il faut dire que ces animaux sont routiniers. Ils n’aiment pas les changements, de personnes comme de nourriture. « Si on doit leur modifier leurs habitudes, il faut les leurs bouger de manière progressive », insiste le professionnel. Autant de précautions qui s’appliquent également aux décalages horaires. Selon lui : « Ils doivent se faire de façon fractionnelle, à raison d’une demi-heure par jour. »

Les grandes escapades maritimes sont le théâtre de stress qui sont une réelle cause d’accident des chevaux. Essentiellement parce qu’il leur faut du temps pour s’adapter à ces environnements obscurs que sont les fonds de bateaux. Pour rappel : les chevaux voient exclusivement de près (lire : Les affections pathologiques oculaires équines, et leur adaptation aux variations de luminosités est lente. « C’est pour cela que certains d’entre eux peinent à entrer dans les cales des navires », évoque Jacques Lemarquis.

Pour éviter les mauvaises surprises, le professionnel des longues traversées préconise-t-il donc une minutieuse préparation de ces types d’excursions. Au risque, sinon, « de s’exposer à des graves soucis. Car les chevaux peuvent mourir ou souffrir terriblement durant les périples maritimes », prévient Jacques Lemarquis.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 03/11/07