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Rss Les médicaments d’urgence


Photo DR



Trop souvent, la trousse de premiers secours du cavalier est un « four tout » lourd et embarrassant. On y trouve beaucoup de médicaments, mais rarement ceux qui sont destinés à l’urgence. Reste qu’il est difficile de tout avoir chez soi. Et qu’il est encore plus inutile de tout emmener en randonnée ou en concours. Voici comment élaborer une pharmacie de premiers secours. Par Rédaction

« C’est en randonnée que les incidents sont les plus nombreux. Et c’est, paradoxalement, dans cette activité hippique que l’on est le moins prompt aux soins équins », constate le docteur vétérinaire Yannick Guin. Trop souvent, la trousse de premiers secours du cavalier est un « four tout » lourd et embarrassant. On y trouve beaucoup de médicaments, mais rarement ceux qui sont destinés à l’urgence.


Une pince à agrafes/Photo Marysa Merlo



La pharmacie de base est essentiellement conditionnée par les capacités de chacun à prodiguer des soins. En clair, si vous êtes apte à pratiquer les injections, les intramusculaires (Im) et les intraveineuses (IV) particulièrement, vous pourrez, en cas d’urgence, prétendre à utiliser des médicaments qui seront plus efficaces et plus rapides d’action que ceux qui seront administrés par voix orale. Ce sera la même chose pour le traitement des plaies graves. Vous pourrez emporter avec vous des aiguilles et du fil à suture, voire une pince à agrafes, que si vous êtes aguerris à ces techniques.

Par définition, n’importe qui, même s’il n’est pas vétérinaire, peut posséder tous les médicaments, pourvu qu’il en détienne les ordonnances. Exception étant faite des morphiniques, des anesthésiques et des substances destinées à l’euthanasie, qui sont à l’usage exclusif des hommes de l’art. Reste qu’il est difficile de tout avoir chez soi. Et qu’il est encore plus inutile de tout emmener en randonnée ou en concours.

RISQUES TRAUMATOLOGIQUES


Une plaie enduite de Bétadine®/Photo Nicolas Chauveau

Sachant qu’avec les chevaux les risques sont essentiellement traumatologiques, c’est autour de ce genre d’intervention que doit être élaborée la trousse de premiers secours du cavalier. La Bétadine® (solution dermique à 10 %) fait partie de ces immuables à emmener avec soi. « C’est un excellent antiseptique, qui peut servir aussi bien à nettoyer les plaies que les champs d’injection », précise le Dr Guin. L’eau oxygénée (à 12 volumes) est un autre incontournable de la pharmacie d’urgence. C’est un hémostatique. Comprenez que l’eau oxygénée accélère le processus de coagulation.


Une compresse (10x10)/Photo Nicolas Chauveau



Les compresses (10x10) sont indispensables dans une trousse de premiers secours. Elles ont l’avantage d’être stériles et, à la différence du coton, de ne pas déposer de particules sur les plaies. Les hémorragies faisant, elles aussi, partie des risques traumatologiques, il ne saurait être une bonne pharmacie d’urgence sans pansements compressifs. « On peut les faire de différentes manières, rappelle Yannick Guin. On peut utiliser des compresses et de l’Elastoplaste. Mais on peut également comprimer une plaie avec une bande de repos. » Néanmoins, il existe des pansements compressifs, qui sont faits pour stopper les hémorragies.

Les ciseaux à bouts ronds font évidemment partie intégrante des accessoires de la trousse de premiers secours du cavalier. Ils permettent, entre autres, de dégager les plaies des morceaux de peau. Idem pour le rasoir, qui peut être pratique pour les débarrasser de leurs poils.

PAR VOIE INJECTABLE


Cheval en coliques/Photo Marysa Merlo

Outre la traumatologie, l’urgence, en randonnée ou en concours, est faite de coliques. « Pour y remédier, insiste le Dr Guin, il n’y a que des médicaments qui sont administrables par voie injectable, à 90 % en IV. » Voilà pourquoi, notre praticien conseille de toujours « emmener, dans sa trousse de premiers secours, un flacon de Ketofen® (10 %) ». « C’est un anti-inflammatoire et un antalgique puissant, signale-t-il. Il est en plus très bien toléré par les chevaux. »

Pour calmer les coliques, Yannick Guin invite aussi "à employer des anti-spasmodiques". « S’il y en a au moins un qu’il faut avoir dans sa pharmacie d’urgence, c’est le Spasfortan®, souligne-t-il. Car il peut être injecté en IM comme en IV. Il y en a d'autres, ils sont aussi efficaces, mais certains ne peuvent être administrés qu’en IV. »

Enfin, lorsqu’on est en déplacement, il y a tous les autres incidents qu’il faut pouvoir gérer sans se balader avec une valise de médicaments. Le Fénéquin® peut être emmené avec soi. C’est une pommade que l’on pourrait qualifier de « bonne à tout faire ». Composée de Vaseline et de Citronnelle, elle est pratique pour venir à bout des bobos de sangle, de garrot, de pâturons, etc. « Je préconise d’en avoir systématiquement dans sa trousse de premiers secours, car c’est aussi un formidable répulsif. Pratique, donc, l’été, en application autour des yeux et de l’anus des chevaux pour repousser les mouches ! », indique encore le Dr Guin. Avec les mêmes propriétés antiseptique et cicatrisante que le Fénéquin®, il y a le Sulmidol®. Il faudra, dès lors, faire un choix pour ne pas que votre trousse de premiers secours ne se transforme en officine ambulante.

De leur côté, les problèmes ophtalmiques sont assez difficiles à gérer. Ils peuvent néanmoins faire l’objet de premières attentions. En utilisant, entre autres, du sérum physiologique - à dose unique - pour le lavage ou des pommades antibiotiques comme l’Orbénin®, l’Ophtalon® ou la Tévémyxine®. « En aucun cas, il ne faut utiliser de pommade à la cortisone dans les yeux des chevaux sans un avis vétérinaire, prévient Yannick Guin. Car, si l’animal a une altération de la cornée, on aggrave les lésions en agissant ainsi. »

Si vous trouvez un peu de place dans votre trousse de premiers secours, vous pourrez vous encombrer d’ampoules de Caliptol inhalant®. Elles éviteront, en les diluant à hauteur de deux dans un seau d’eau et en arrosant la litière de votre cheval, qu’il contracte des rhinites s’il va dans des boxs inconnus. Ou encore, vous pourrez vous alourdir d’un flacon de Butox® (solution à 5 pour 1 000), que vous diluerez au 1/50. Vous apprécierez, alors, en été, de ne plus voir votre animal se faire « agresser ».

PAS D'ACTE RESERVE


Plaie d'un glome de l'antérieur gauche/Photo Marysa Merlo

Comme la détention de substance, il n’y a pas d’acte médical qui soit spécifiquement réservé au vétérinaire. D’autant moins lorsqu’il s’agit d’urgence, chacun peut intervenir comme il l’entend sur son cheval. Mais encore faut-il avoir les bons réflexes, et ce qu’il faut à porter de main. Lors de traumatisme important, il faut fréquemment avoir recours aux traitements par voie générale. D’où l’intérêt qu'il y a àposséder, dans sa pharmacie d’urgence, des anti-inflammatoires et des antalgiques. « A commencer par du Naquadem®, insiste le Dr Guin. C’est un corticoïde associé à un diurétique doux, qui est intéressant lors de gros choc avec oedème. Ce médicament peut, en plus, être administré soit par voie orale, soit par voie injectable, en intra-musculaire (image) comme en intra-veineuse (image) . »

L’Equipalazone® est un autre anti-inflammatoire, en poudre uniquement, que l’on peut utiliser en cas d’urgence traumatologique. Tout comme le Metacam®, qui, pour notre vétérinaire, « est l'un des meilleurs médicament en cas de traumatisme grave ». Et de reconnaître que : « Si ce n’était pas une question de prix, tellement ce médicament est efficace, je le conseillerais dans toutes les pharmacies, d’urgence comme d’écurie. » Le Metacam® est une sorte de sirop très facile à l’emploi.


une pulvérisation de Phérocalm®/Photo Marysa Merlo



Le Phérocalm® est également un médicament à posséder dans sa trousse de premiers secours. Certes, il n’est pas indispensable. Il peut toutefois s’avérer très utile lorsqu’on l’a avec soi. En effet, le Férocalm® est un tranquillisant à base d’hormones. Il permet de soigner en toute tranquillité un cheval blessé qui est légèrement stressé. Le Phérocalm® est un spray que l’on pulvérise - à raison de deux bouffées - dans chaque narine du cheval. L’action de ce médicament est effective au bout de vingt minutes, et a une durée d’efficacité de une heure trente environ.

A savoir


Photo DR



  • Toutes les ordonnances doivent être conservées. Elles peuvent être exigées en cas de contrôle sanitaire ou administratif.
  • Tous les traitements doivent être consignés dans le volet « additif » du livret signalitique du cheval.
  • Même s’il n’a jamais été ouvert, un médicament est considéré comme périmé dès lors que sa date de péremption est dépassée.
  • A l’exception des sérums, tous les médicaments peuvent être conservés à température ambiante, pourvu qu’ils soient correctement fermés et à l’abri de la lumière.
  • Il ne faut jamais congeler un médicament, sous peine de le cristalliser.
  • Pour des questions d’hygiène, il est préférable de ponctionner les solutions dans les flacons avec une aiguille différente de celle qui est destinée à les injecter.
  • A condition d’en détenir les ordonnances, tous les médicaments peuvent être transportés.
  • Les médicaments qui sont à usage vétérinaire peuvent être achetés aussi bien en cabinet qu’en officine. Néanmoins, en passant via les pharmacies, il sera impossible de justifier d’une ordonnance.
  • Chez le cheval, les accidents médicamenteux sont rares, sauf si les substances employées ne bénéficient pas d’une AMM (autorisation de mise sur le marché) spécifique. Attention toutefois aux interactions médicamenteuses : elles sont possibles, surtout si les effets recherchés sont antagonistes (opposés).
  • Il ne faut jamais injecter trop froid et trop rapidement un médicament, en IM comme en IV. Et les mêmes injections doivent toujours être effectuées avec du matériel à usage unique.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 28/03/07