
Une petite dermatite/Photo DR
La peau du cheval n’est jamais en sommeil. L’été, mais aussi l’hiver, elle est sans cesse en alerte. Elle réagit aux intempéries, en augmentant sa production de sébum et de poil pour lutter contre le froid et la pluie. Mais elle doit également faire face aux bactéries et aux champignons, qui profitent de la moindre occasion pour passer à l’action. Par Rédaction
C’est essentiellement de dermatoses non parasitaires dont souffrent les chevaux dans notre pays. Et non pas de gale, comme on aurait un peu trop tendance à le croire. Car la même gale est extrêmement rare chez nous. Elle est, pour ainsi dire, inexistante. Les dermatoses sont l’ensemble des maladies qui concernent la peau. C’est parmi elles que l’on note les dermatites, qui résultent d’une inflammation de celle-ci (la peau). Les dermatoses peuvent avoir pour origine aussi bien une bactérie (de type Staphylocoque ou Dermatophilus), comme dans les pyodermites ou la dermatophylose par exemple, qu’un champignon (du genre Trichophyton ou Microsporum), comme on les trouve dans les teignes notamment.
FREQUENTES

Un terrain propice aux dermatites/Photo Manoel Relet
Les dermatites sont fréquentes chez les chevaux. En hiver, elles seraient activées par le froid et l’humidité. Mais les longs poils sembleraient aussi constituer un parfait nid douillet à leur développement. « En fait, les choses sont complexes, indique le docteur vétérinaire Didier-Noël Carlotti. Il y a beaucoup de causes aux dermatites chez le cheval. » « Toutefois, on peut en dégager quelques-unes, poursuit-il. Les conditions dans lesquelles il vit sont primordiales. Un animal qui passe ses jours et ses nuits à l’extérieur, sans abri, a évidemment plus de chance de contracter des dermatites bactériennes qu’un autre qui vit au sec. Il y a aussi les dermatites de contact, à un végétal par exemple, ou encore celles qui sont dues à la prise de médicament ou à l’ingestion d’aliment... »
Les poux provoquent, eux aussi, des dermatites. Il en existe deux sortes : les piqueurs, qui se nourrissent de sang ; et les broyeurs, ce sont les plus courants, qui trouvent leur bonheur en mangeant de la kératine et des débris de poil. Les poux sont des insectes qui sévissent plus l’hiver que l’été. Leur terrain de prédilection serait les poils sales et longs.
SUR TOUT LE CORPS

Une dermatite qui s'est propagée jusqu'aux glomes/Photo Nicolas Chauveau
Il n’y a pas un endroit du corps du cheval qui ne puisse pas, un jour, être concerné par de la dermatite. « Certes, elle se déclare souvent au niveau des paturons, tout simplement parce que c’est un endroit très réceptif et exposé à de nombreuses agressions, explique le Dr Carlotti. Pour autant, il y a des dermatites étendues qui peuvent intéresser tout le corps du cheval. »
Les symptômes de la dermatite sont à peu près tous identiques. Au départ, le cheval est irrité. Puis, à force de se gratter, il présente une alopécie (perte de poil), voire des croûtes et des ulcérations de la peau. Dans une phase plus avancée, la même peau peut s’épaissir et se fissurer, et des exsudats peuvent couler des plaies. « Face à une dermatite, notre approche est toujours la même, confie notre praticien. Nous procédons à un recueil de l’historique de la maladie, c’est-à-dire que nous cherchons à connaître le mode de vit du cheval qui nous est présenté et comment a évolué sa dermatose. » « Ensuite, ajoute Didier-Noël Carlotti, nous passons à l’examen clinique. Puis, si besoin, nous effectuons des analyses complémentaires. » Toutes les lésions provoquées par les dermatites peuvent plus ou moins faire souffrir le cheval. Mais, dès lors qu’elles atteignent les membres, elles peuvent le faire boiter, parfois sérieusement.
Il faut le savoir, la découverte d’une dermatite est assez facile. Par contre, la diagnostiquer l’est beaucoup moins. La « gale de boue » en est l’un des exemples les plus courants. Ce qui se fait appelé gale n’est, en fait, généralement qu’une localisation au paturon de diverses affections de causes variées.
A l’exception des poux, qui se voient à l’œil nu sur le cheval, les dermatites doivent souvent faire l’objet d’un avis du vétérinaire. « Comme dans bon nombre de pathologies, le pronostic dépend de notre moment d’intervention, insiste le Dr Carlotti. Il peut arriver, par exemple, qu’une pyodermite mal soignée devienne chronique. »
TRAITEMENTS

Administration d'antibiotique par voix intra-musculaire/Photo Nicolas Chauveau
Il y a plusieurs classes thérapeutiques pour appréhender le traitement des dermatites. Si elles sont infectieuses, il faut en passer par l’antibiothérapie pour éliminer la bactérie responsable de la maladie. « On a alors recours aux quinolones ou aux sulfamides potentialisés, par voix générale », précise le docteur vétérinaire Didier-Noël Carlotti.
Une autre voix de traitement des dermatites est dite « topique » (locale). Elle varie selon que la maladie a pour origine une bactérie ou un champignon. « On a, ici, le choix entre plusieurs shampooings antiseptiques, soit à la chorhexidine, soit au peroxyde de benzoyle, précise notre vétérinaire. Il faut les appliquer fréquemment et ne pas oublier de sécher les lésions après leur nettoyage. »
Enfin, une dernière manière de combattre les dermatites est la prévention par l’hygiène. C’est aussi une composante importante du traitement. « Ainsi, il faut changer le cheval d’environnement si celui-ci ne lui convient pas, rappelle le Dr Carlotti. De plus, dans la mesure où certaines dermatites sont contagieuses entre chevaux, il convient d’éviter le plus possible les contacts lors de la maladie. »
Conseils Pour éviter les dermatites, en hiver, un certain nombre de précautions sont nécessaires. « Lorsque les chevaux vivent à l’extérieur, sans abri, il faut les couvrir dès qu’il fait trop de pluie. Et s’ils ont une cabane ou un box, il est indispensable qu’il soit bétonné dedans et devant », affirme le docteur vétérinaire Anne-Véronique Delaunay. Comme en été, l’hiver, les prés et les paddocks doivent être nettoyés régulièrement. Ils doivent, aussi, être assainis aux endroits les plus humides. A la mauvaise saison, les chevaux vivent plus souvent au box. « C’est pourquoi, je conseille de les curer plus qu’à l’accoutumée », indique encore le Dr Delaunay. En plus, pour éviter les contaminations intra écuries, notre praticienne invite-t-elle à désinfecter les box - du sol au plafond - dès la première alerte à l’aide de solutions à base d’ammonium quaternaire (savons antiseptiques). Plus les poils sont longs, plus les risques de contracter des dermatites sont grands. « L’hiver, le pansage doit donc être effectué de façon régulière, au moins une fois par semaine, insiste le Dr Delaunay. Puis, pour éviter les dermatites de contact, un bon nettoyage avec des produits chlorés (du type eau de Javel) du matériel de pansage peut être très efficace. » Sans compter qu’une bonne vermifugation permet à la peau de mieux lutter contre les poux. Et qu’un bon séchage après le travail peut écarter l’apparition des dermatites. |
Ecrit par: Rédaction, Le: 23/03/07





















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