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Rss Les tares


Dessin DR



L’hippologie n’a pas toujours considéré les tares. Elle les a longtemps placés au niveau de l’anatomie superficielle du cheval. Dorénavant, les tares sont définies selon deux principes. Il y a, d’un côté, les défauts physiologiques et, de l’autre, les difformités pathologiques. De la théorie à la pratique. Par S. C.

Le cheval parfait n’existe pas. Cet animal a toujours une malformation ici ou là. Elle ne peut être qu'un problème d’état général, une imperfection dans les allures ou un manque d’éclat du poil. Mais, dès qu'il est question de tare, rien ne doit être laissé au hasard.

Avant de rentrer dans des considérations pathologiques ou physiologiques, il convient de nuancer le propos et de définir ce que sont les tares par rapport aux défectuosités. Pour Sylvie Bonnan, vétérinaire et éleveur : « Les premières méritent une attention particulière car elles peuvent engendrer des affections plus ou moins graves. Ce qui n’est pas le cas des secondes, qui ne sont que des critères de beauté. »

DEFORMATIONS


Photo DR

Les tares sont des déformations anatomiques. Elles peuvent intéresser toutes les régions du corps du cheval. Leur origine peut être variée. Mais on peut dire, que, le plus souvent, elles résultent d’une lésion, d’un accident ou d’une maladie. « C'est le coup reçu au travail ou au pré, précise notre vétérinaire-éleveur. Mais c'est parfois, aussi, la suite d’une tendinite chronique ou d’une ostéochondrite due à un mauvais développement des cartilages lors de la croissance du cheval. »

Il y a deux sortes de tares. Les tares molles, qui sont des distensions des gaines synoviales intéressant les tendons ou les articulations. Et les tares dures, qui proviennent d’excroissances osseuses pouvant concerner tout le squelette du cheval. « Dans le cas des tares molles, explique le Dr Bonnan, il y a toujours, au départ, une inflammation. Celle-ci entraîne une fatigue de la gaine tendineuse ou de l’articulation et, in fine, un excès de synovie. » « Le phénomène est un peu différent pour les tares dures, poursuit-elle. A l’exception de la lésion directe, provoquée par un choc, elles émanent d’une évolution anarchique du périoste (l'enveloppe de l’os). »

Bien qu’elles soient toujours à surveiller, les tares molles sont généralement sans grand danger pour le cheval. Il faut le dire, elles sont plus inesthétiques que gênantes pour l'activité physique. Pour autant, toute modification inhabituelle de ces dernières doit alerter le cavalier. « Il n’en va pas de même pour les tares dures, prévient notre spécialiste de l’élevage. Elles se dissimulent facilement entre les os et ne dégagent pas toujours de chaleur ou de grosseur. Malgré tout, elles peuvent être très graves, au point d’handicaper sérieusement le cheval. » Ainsi, pour éviter les tares, Sylvie Bonnan conseille-t-elle "d’alimenter correctement les poulains durant leur croissance, d’éviter les surmenages et de travailler les chevaux sur des bons terrains, plutôt fermes que mous".

TRAITEMENTS


Un astringent/Photo Nicolas Chauveau

Il y a plusieurs manières de combattre les tares. Les molettes (voir encadré) tendineuses peuvent disparaître avec des applications de froid. Tandis que leurs « cousines », les articulaires, peuvent s'estomper avec des cataplasmes de chaud. L’emploi d’astringents peut également venir à bout des molettes. Néanmoins, lorsque l’inflammation est trop importante, le recours aux infiltrations de cortisone ou de molécules destinées à régénérer les tissus (comme l’acide hyaluronique) peut s’avérer nécessaire pour les faire disparaître. Les vessigons, les capelets et autres hygromas subissent à peu près les mêmes traitements que les molettes dès lors qu'il s'agit de les réduire. Si ce n’est que les mêmes hygromas ne s’infiltrent pas mais, qu’en fonction de leur emplacement, l’eau à très haute pression peut concourir à leur disparition.

Glossaire


Une forme au paturon/Photo Marysa Merlo



  • Les molettes sont ces poches flasques que l’on peut percevoir de part et d’autre des tendons et des articulations des boulets.
  • Les vessigons sont, de chaque côté des jarrets, ce que sont les molettes aux boulets.
  • Les hygromas sont des sortes de tumeurs molles et disgracieuses qui siègent sur les pointes des coudes et des jarrets ainsi que sur les genoux.
  • Les suros sont des petites boules dures que l’on sent en face interne des canons.
  • Les formes ressemblent aux suros, mais elles se concentrent plutôt au niveau des paturons, des couronnes et des cartilages latéraux des os des pieds.
  • Les éparvins sont aussi des formes, mais qui se nichent à la base interne des jarrets.


Les tares dures sont, elles, plus compliquées à éradiquer. En première intention, l’emploi d’onguents peut être préconisé, à condition de ne pas trop attendre. Sinon, là encore, ce sont les infiltrations, les mêmes que pour les molettes, qui sont la solution, ou le tiludronate biphosphonate en perfusion, mais pour certaines tares dures uniquement. Pour leur part, en fonction de leur localisation, les formes partent souvent seules ou se callent tranquillement avec le temps. Même chose pour les suros et les éparvins, hormis que ceux-ci imposent quelquefois une intervention chirurgicale.

Le point de vue du Dr Bonnan


Une bandes de repos/Photo Nicolas Chauveau



« Les molettes et les tares en général, font-elles mal au cheval ?

- Non, pas spécialement. Certes, les tares dures peuvent faire souffrir les chevaux, mais seulement lorsqu’elles se situent au niveau des articulations et qu’elles en gênent le mouvement. Pour le reste, les tares molles ne les ennuient guère puisqu’elles ne sont que des poches de liquide. Par contre, la cause de certaines d'entre elles, à l'instar des molettes, peut être très douloureuse. C’est le cas des tendinites. Elles peuvent les faire souffrir.

- Peut-on travailler un cheval qui présente un gros genou, un suros, un éparvin, etc. ?

- Oui. Pour ses effets sur l’appareil circulatoire et musculosquelétique, le travail - au pas et au trot sur terrain ferme - peut être bénéfique. C’est le cas pour les tares molles. Pour les autres, les tares dures, il convient d’être plus prudent. Dans leur phase d’installation, elles obligent aux chevaux à être au repos. Mais, passé cette période, il n’y a pas de contre-indication majeure à les remettre au travail.

- A quel type de tare faut-il appliquer tel ou tel type de bandage ?

- Il n’y a que pour les molettes que l’on peut mettre des bandes de repos, voire de travail quelquefois. Evidemment, c'est efficace, à condition que se soit parfaitement posé. Pour le reste des tares, molles comme dures, il n’y a pas de protection en soi, en dehors des guêtres pour les suros aux canons.



Pose d'une bande de repos/Vidéo Rédaction



- Quels sont les produits du marché (comprenez accessibles à tous) qui sont efficaces pour lutter contre les tares ?

- Tous les astringents ont un intérêt non négligeable sur les molettes, les vessigons et les capelets. Parmi eux, on peut citer la vieille eau blanche, ainsi que toutes les argiles, les boues marines et les gels s’ils sont bien faits. À l’inverse, mis à part les frictions avec de la teinture d’iode, il n’y a pas grand-chose pour défier les suros, les formes et les éparvins.

- Quelles sont les tares qui disparaissent et celles qui reviennent ?

- Hélas, toutes les tares peuvent partir et revenir. Sauf les formes et les eacute;parvins, si on les soigne bien. Certaines tares reviennent avec le travail ou les habitudes de vie du cheval. Les molettes et les gros genoux font partie de celles-là. »
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 17/02/07