Publicité
Publicité
Se connecter



S'inscrire
Mot de passe oublié

Publicité
En ligne
8 Visiteurs, 0 Membre, 0 Modérateur, 0 Administrateur En ligne.

Total : 8
Image aléatoire
Galerie
Publicité
VETOCHEVAL
1er site de santé équine
Publicité
 
 
Rss Marcheurs ou tapis roulants ?


Un tapis roulant à grande vitesse/Photo Jean-Marc Betsch



Les marcheurs et les tapis roulants se font de plus en plus présents dans l’environnement des chevaux. Toujours plus perfectionnés, les nouveaux matériels peuvent désormais simuler de véritables promenades au trot et au pas. Certains vont même jusqu’à imiter la montagne. Mais que faut-il en attendre exactement ? Pas de grands miracles, à en croire les docteurs Betsch et Cotrel. Par Rédaction

Qu’est-ce qui peut bien motiver le choix de l’achat d’un marcheur ou d’un tapis roulant ? La réponse du vétérinaire, Jean-Marc Betsch, est assez claire. « Il ne faut pas s’attendre à de grands miracles du point de vue du développement physique du cheval avec ces matériels-là, prévient-il. Leur but n’est que de mettre les chevaux en activité, sans qu’il y ait besoin de personnel pour les monter. » Ce serait donc plutôt l’aspect économique qui pousserait à l’acquisition de ce type de machine. « Hormis les tapis roulants à grande vitesse, qui peuvent simuler des courses, les autres (tapis) n'offrent pas un entraînement efficace parce qu’ils sont trop lents, poursuit le Dr Betsch. Evidemment, c’est toujours mieux que de rester au boxe toute la journée. »

L’attitude des chevaux, dans les marcheurs comme sur les tapis roulants, inquiète aussi le praticien. Dans la mesure où ils n’y sont pas montés, « il me semble qu’il est plus difficile de les y contrôler », dit le vétérinaire. « Ce peut être gênant, entre autres quand un cheval est blessé et qu’il est en période de convalescence », explique-t-il encore. « Certes, le geste technique n’est pas altéré dans ces machines, il y est juste diminué (d’environ 50%). C’est surtout le cas sur les tapis roulants, sur lesquels les chevaux ont moins à produire d’effort de propulsion », commente le Dr Betsch.

Soit, les marcheurs et les tapis roulants ne sont pas spécialement de bons « outils de travail physique du cheval ». Ils ont toutefois un atout, ils ont une qualité rééducationnelle intéressante. C’est tout du moins ce que pense le vétérinaire. « La mise en activité est, déjà, à elle seule, un premier pas dans le soin de l’animal. Mais le réel avantage, principalement du tapis, c’est que le cheval y est seul dessus, ce qui permet une individualisation du travail », argue-t-il. Et d’ajouter : « De plus, le sol y est régulier, l’animal ne risque donc pas de s’y blesser. C’est important lors de tendinite notamment, car, dans cette pathologie, la remise en forme est précise. »


Sur ce tapis immergé à inclinaison variable, le cheval marche dans un contre-courant ajustable/Photo Olen



Le fin du fin ne serait-il pas d’immerger son marcheur ou son tapis roulant ? C’est une nouvelle tendance. « J’y suis favorable, avoue le Dr Betsch. L’eau ajoute une contrainte avantageuse sur le plan musculaire. Elle autorise l’exercice tout en ménageant les structures (articulations, muscles, tendons, etc.). »

UTILISATION ASSEZ APPROXIMATIVE


Un marcheur oval, trot + galop/Photo Telehorse

Quels que soient les matériels (marcheurs ou tapis roulants), leur utilisation demeure aujourd'hui assez approximative. Aucune étude vétérinaire sérieuse ne corrobore telle ou telle manière de faire avec ces machines. L’heure est encore à l’à peu près. Les résultats aussi, ils sont rarement à la hauteur de ceux qui sont promis.

Pour Céline Cotrel, vétérinaire et médecin du sport, « il est temps de balayer certaines idées. » « Le travail au pas, comme celui au petit trot, est d’une intensité insuffisante pour améliorer la condition physique du cheval, affirme-t-elle. En effet, ce genre d’effort ne sollicite pas assez l’organisme. On estime que le cheval réalise une préparation musculaire dès lors que sa fréquence cardiaque - à l’exercice - dépasse les 120 bm/mn chez le sujet de sport, et les 150 bm/mn chez celui de course. En deçà, l’unique mouvement ne constitue pas un entraînement. »

C’est la même chose pour la récupération active. « Suite à un effort intense, des déchets du métabolisme s’accumulent dans les muscles du cheval. C’est alors au coeur et à la circulation sanguine de jouer le rôle de « ramasseur de toxines » pour les évacuer. Cependant, il faut, là encore, que l’animal évolue à un bon rythme pour que cette opération « de nettoyage » soit garantie », insiste la spécialiste de la médecine sportive.

Si, trotter et galoper, est faisable sur la plupart des tapis roulants, il n’en est rien dans la quasi-totalité des marcheurs. « De toute façon, je suis assez sceptique à mettre les chevaux aux allures sur les cercles, a fortiori lorsqu’ils sont petits, comme c’est le cas dans beaucoup de marcheurs. Cela fatigue les boulets et les jarrets », dit le Dr Cotrel. « D’autant que s’y pose, aussi, la qualité des sols dans ces machines. Tandis qu’elle devrait y être identique à celle des carrières, les mêmes sols sont, ici, rarement excellents », constate-t-elle. En revanche, la vétérinaire voit d’un bon oeil l’idée de « promener » un cheval dans un marcheur ou sur un tapis roulant pour l’ « échauffer ou le sécher ». Comme elle approuve que ces matériels soient employés pour la détente, « avant ou après un gros effort par exemple ».

Avis d’utilisateur


Un marcheur rond/Photo Marcury



Le cavalier international de concours complet, Nicolas Touzaint, est devenu un fervent du marcheur. Il en utilise un de six places et de 18 mètres de diamètre. « Tous mes chevaux y passent au moins une fois par jour, durant trente à quarante minutes, avant le travail ou le lendemain d’un concours, dévoile-t-il. C’est une activité de plus pour eux, qui vont également au paddock et qui travaillent quotidiennement. »

Depuis deux ans que Nicolas utilise un marcheur, il a noté quelques changements dans son écurie. « Je ne peux pas dire que ces séances de marche améliorent les performances de mes chevaux, si ce n’est que leur pas est plus efficace, avoue-t-il. Mais, ce dont je suis sûr, c’est qu’elles les relâchent. Ainsi, ils sont plus détendus lorsque je monte dessus. »


Il faut bien le dire, les marcheurs et les tapis roulants sont le gage d’une économie de personnel pour les écuries qui les utilisent. Cela dit, ces considérations financières ne doivent pas faire oublier que ce sont des animaux qui évoluent à l’intérieur de ces machines. En conséquence, elles doivent être employées de manière raisonnée. Les chevaux ne doivent jamais y rester des heures durant. Ils ne doivent pas non plus y être laissés sans surveillance.

Pas moins de 14.000 euros


Après des années de gloire, les tapis roulants sembleraient en perte de vitesse/Photo Nicolas Chauveau



Les prix des marcheurs comme ceux des tapis roulants s’entendent toujours TTC et livrés. Les matériels les moins chers sont les tapis roulants sans programme et à basse vitesse (10 km/h), à 14.000 euros. Ils atteignent les 22.000 euros s’ils sont plus rapides (20 km/h) et programmables. Alors qu’ils avoisinent les 100.000 euros lorsqu’ils sont à grande vitesse (50 km/h).

De leur côté, les tarifs des marcheurs les plus courants (8 chevaux, 20 m de diamètre, semi-couverts, vitesse 12 km/h) se situent autour des 30.000 euros. Mais l’addition s’élève à 50.000 euros si les mêmes sont totalement abrités, tandis qu’ils dépassent les 100.000 euros s’ils excèdent les 40 m de diamètre et les 20 km/h.

En moyenne, un marcheur ovale vaut 2 à 3 % plus cher qu’un autre (rond). C'est-à-dire qu’il faut compter 30.000 euros pour une structure semi-couverte de 8x16 m.
 
 
Note: Aucun avis
(0 note)
Ecrit par: Rédaction, Le: 15/01/09