Publicité
Publicité
Se connecter



S'inscrire
Mot de passe oublié

Publicité
En ligne
8 Visiteurs, 0 Membre, 0 Modérateur, 0 Administrateur En ligne.

Total : 8
Image aléatoire
Galerie
Publicité
VETOCHEVAL
1er site de santé équine
Publicité
 
 
Rss Gros plan sur les « nouveaux traitements »


Une injection intra-articulaire/Photo Pôle équin ENVL



Beaucoup de chevaux y ont recours un jour ou l’autre. Les « nouveaux traitements » séduisent aussi le monde de l’équitation. De l’acide hyaluronique au tiludronate, de la culture de cellules à la reconstruction de cartilages, la panoplie est vaste. Mais est-elle vraiment efficace ? Par Sébastien Chauveau

Leurs noms courent de plus en plus dans le milieu. Ici dans les écuries, là sur les terrains de concours, ailleurs sur les hippodromes... la référence à certains produits sonne souvent comme une évidence. Quand ils ne se vendent pas à la sauvette, ou qu’ils s’autoprescrivent. Mais voilà, lorsqu’ils sont mal utilisés, tous ces produits n’ont aucune utilité.

Ce sont les troubles locomoteurs qui sont principalement à l’origine des baisses de performances des chevaux. Mais ce sont aussi eux qui sont la cause essentielle des réformes et des arrêts de compétition. Il est donc aisé de comprendre que ce soit vers les produits qui sont destinés à soigner les boiteries et autres myosites que se portent, d’une part, les intérêts des laboratoires et, d’autre part, ceux des cavaliers et des propriétaires de chevaux. Car, pour le reste, que ce soit pour les pathologies d’ordre ou gastrique, ou pulmonaire, « on en est encore à la hache de pierre », disent bon nombre de vétérinaires.

ISSUES DE LA MEDECINE HUMAINE


CCI du Lion d'Angers en 2007/Photo Marysa Merlo

Mais, que sont ces « nouveaux traitements » exactement ? Et d’où viennent-ils ? On dit d’eux tantôt qu’ils sont « nouveaux », tantôt qu’ils sont « modernes ». En fait, pas du tout : toutes les dernières thérapeutiques qui sont utilisées aujourd’hui pour vaincre les dysfonctionnements ostéo-articulaires et musculo-squelétiques des chevaux sont issues de la médecine humaine. Pour certaines, il y a même longtemps qu’elles existent.

Les bénéficiaires des « nouveaux traitements » sont majoritairement les chevaux de sport. « Ce sont, pour ma part, à ceux-là que j’en administre le plus, dit Bruno Baup, vétérinaire. Ils pratiquent le concours complet, le saut d’obstacles ou l’endurance... Tous sont de haut niveau, ou sont amenés à l’être. » Lorsque le Dr Baup doit avoir recours aux « nouveaux produits » sur les chevaux de loisir, c’est qu’il n’y a plus d’autres alternatives.

Il y a actuellement une petite dizaine d’orientations thérapeutiques qui font fureur sur le marché du soin du cheval haut de gamme. Elles se divisent en deux groupes : celles qui s’ingèrent et celles qui s’injectent. Dans le premier cas, elles sont classées au rang de compléments. Dans le second, elles sont plutôt considérées comme des médicaments. Quelles qu’elles soient, ces mêmes orientations thérapeutiques sont légales, puisqu’elles sont produites naturellement par l’organisme. Il n’est donc pas ici question de dopage.

Il faut savoir que les substances qui constituent les « nouveaux traitements » appartiennent souvent aux deux catégories. En effet, presque tous ceux qui les renferment sont disponibles soit sous forme injectable, soit sous forme de sirop ou de poudre orale. Peu importe les spécialités, elles ont la même finalité, celle de refaire de l’os ou du cartilage. Hélas, toutes ne peuvent pas se prévaloir des mêmes résultats.

PRESENTE DANS L'ORGANISME DU CHEVAL


Une injection intra-articulaire/Photo Pôle équin ENVL

Parmi ces solutions, on trouve l’acide hyaluronique (HA). Cette substance est normalement présente dans l’organisme du cheval, dans la peau et dans les cartilages entre autres. La découverte de l’acide hyaluronique date des années 1950, et son utilisation en médecine de vingt ans plus tard. A cette époque, il était question d’ophtalmologie : l’HA y était utilisé pour la transplantation de cornée, ou encore pour soigner le glaucome ou la cataracte.

L’acide hyaluronique ressemble à un gel. Il provient soit de l’extraction de crête de coq, soit de la fermentation de bactéries. Certes, les applications de l’HA sont multiples. Toutefois, c’est pour traiter l’arthrose qu’il est le plus souvent employé sur les chevaux, car il aurait la propriété d’accroître la viscosité du liquide synovial, autrement dit de « huiler » les articulations.

« Lorsque j’ordonne de l’acide hyaluronique, c’est seulement de façon intra-articulaire, dit Bruno Baup. Car c’est en l’employant comme ceci que j’ai observé les meilleurs résultats. » Rarement, il le conseille par voix générale, sauf dans le cas de pathologies pulmonaires. Et jamais, il le préconise par voix orale.

MAINTENIR L'INTEGRITE DES ARTICULATIONS


Photo Audevard

La glucosamine est une autre substance très prisée en ce moment. C’est un acide aminé. Il est fabriqué par l’organisme du cheval, par le biais du glucose et de la glutamine. Il y a déjà plus de trente ans que l’application clinique de la glucosamine est reconnue. « Pour autant, ce n’est pas parce qu’une molécule fonctionne in vitro (sur cellules) qu’elle marche de la même manière in vivo (sur le vivant) », rappelle Monika Gangl, chirurgien et orthopédiste au Département hippique de l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon (Rhône).

La glucosamine est destinée à maintenir l’intégrité des articulations. Elle a d’abord été administrée ou par voix générale, ou directement dans les foyers inflammatoires des personnes qui souffraient d’arthrose. Mais, très vite, elle a pu être ingérée par ces dernières. Ce qui l’a rendue très célèbre à la fin du dernier millénaire. L’utilisation de la glucosamine, chez le cheval, a suivi le même chemin. Elle a d’abord été injectée, puis elle a tout aussi rapidement été rendue administrable par voix orale.

Cependant, les experts ne sont pas unanimes sur les bienfaits de la glucosamine. Cette substance, qui est obtenue à partir de la carapace des crustacés, suscite toujours des interrogations. D’un côté, c’est sa capacité d’assimilation qui est posée, selon qu’elle est sous forme de sulfate, de chlorhydrate ou de N-acétyl. Et, de l’autre, c’est la réalité de son efficacité qui est discutée, puisque, si le soulagement de la douleur légère n’est pas contesté avec l’administration de la glucosamine, c’est celui du ralentissement du processus de dégénération des articulations qu’elle est sencée provoquer qui n’est pas confirmé.

UNE ACTION PREVENTIVE ET RECONSTRUCTRICE


Photo Audevard

La chondroïtine fait également partie de ces molécules qui sont actuellement très courues pour traiter les dysfonctionnements locomoteurs des chevaux. Il s’agit là d’un glycosaminoglycane, c’est-à-dire d’un dérivé de la glucosamine et d’autres acides tels que le glucuronique ou l’iduronique, qui sont eux-mêmes des composants du cartilage. La chondroïtine se trouve sous forme de sulfate. Elle est produite à partir de cartilage de veau, de requin ou de raie. La particularité de cette substance serait de pouvoir maintenir la réhydratation des tissus, ce qui contribuerait à leur bonne flexibilité. Mais elle aurait aussi cette capacité à les protéger contre certains dommages, comme ceux qui sont liés aux radicaux libres, des vecteurs de la douleur.

Ce sont les phénomènes arthrosiques que l’on cherche à atténuer en utilisant de la chondroïtine. Néanmoins, ce sulfate n’est généralement pas employé seul. Il l’est avec la glucosamine. Le premier aurait un effet préventif, alors que le second aurait une action reconstructrice. Seulement, aucun de ces deux sulfates n’arrive vraiment à faire la preuve de son total intérêt. Beaucoup d’études mettent en exergue la potentialité de chacun d’eux, qu’ils soient administrés individuellement ou en même temps, mais il est actuellement difficile d’en trouver qui concluent à la disparition absolue des lésions grâce à leur absorption.

Le marché est bien pourvu en produits qui sont tant à base de glucosamine que de chondroïtine. Toutefois, l’injection de ces deux principes actifs reste préférée par les praticiens aux solutions orales. « C’est en tous les cas de cette manière-là que je les indique », dit Bruno Baup. Il pense en effet qu’elles sont mieux assimilées ainsi.<

FABRIQUE DE FACON CHIMIQUE


Photo Hippoforme

Il y a une molécule qui est aussi bien appréciée pour pallier les boiteries des chevaux aujourd'hui, c’est le MSM (ou méthyle sulfonyle méthane). C’est un composé soufré. Il émane des fruits, des légumes, du lait, des algues, etc. Reste que, pour être utilisé à des fins médicinales, il est fabriqué de façon chimique. Le MSM est employé comme complément alimentaire à visée humaine depuis les années 1990. Alors qu’il l’est sur les animaux voilà maintenant plus de trente ans.

Les défenseurs du MSM disent qu’il a le pouvoir de maintenir la qualité des défenses immunitaires et l’intégrité des tendons, de la peau, du collagène et des cartilages. Ils lui octroient également des vertus dépuratives, puisqu’ils lui admettent la capacité de débarrasser l’organisme de ses toxines. Pourtant, en termes de résultats, le méthyle sulfonyle méthane se situe au même niveau que l’acide hyaluronique, la glucosamine et la chondroïtine. Il est malaisé à établir.

C’est la même chose pour la DMG (diméthylglycine). Ses propriétés sont largement ventées. Or, les recherches concernant son utilisation méritent d’être affinées. Puisque leurs conclusions sont encore controversées.

En fait, la DMG est un acide pangamique (ou vitamine B15), qui provient de l’alimentaire. Elle se trouve, entre autres, dans le riz et le foie. L’emploi de la diméthylglycine dans le milieu du cheval a au moins vingt années d’existence. Ses utilisateurs lui voient de nombreux intérêts : antistress, stimulante, amélioratrice du transport de l’oxygène et de l’absorption du glucose... Parmi les indications thérapeutiques qui sont attribuées à la DMG, il faut noter le traitement de l’arthrose, des cardiopathies, des allergies et des hépatites. Tout en sachant que ses partisans lui en accordent bien d’autres encore.

THERAPEUTIQUES D'AVENIR


Le tiludronate s'administre en général par voie intra-veineuse/Photo Nicolas Chauveau

L’avenir appartient toutefois à d’autres traitements, au tiludronate notamment. Ce dernier fait partie de la famille des biphosphonates. Le tiludronate stimule la fabrication de l’os. En somme, il refait - normalement - de la trame (du tissu) comme à l’initiale.

Il y a un bon moment que le tiludronate est indiqué en médecine humaine, que ce soit en administration orale ou injectable. Certes, pas toujours avec succès. Il y est tout de même préconisé pour soigner les cataractes et les fémurs qui cassent, ou encore pour reminéraliser les os des femmes qui sont ménopausées. Pour ce qui est de l’emploi de ce biphosphonate sur le cheval, il ne l’est que depuis les années 2000, par voix générale (en injection, voire en perfusion). C’est principalement dans le cadre des affections osseuses (éparvins et maladies naviculaire entre autres) qu’il est utilisé sur cet animal. « Le tiludronate est efficace, affirme le Dr Baup, à condition qu’il soit employé à bon escient. C'est-à-dire pour traiter les pathologies pour lesquelles il est conseillé, et pas pour venir à bout de tout et de n’importe quoi ! » « Pour recourir à ce biphosphonate, il faut que le diagnostic soit bien posé et, idéalement, qu’il y ait des zones lytiques (de résorption osseuse) sur les images radiographiques, ajoute de son côté l’orthopédiste de l’école vétérinaire de Lyon. Sinon, il ne nuit pas, mais il risque de ne rien apporter au cheval. »

"LE FIN DU FIN"


La seringue de prélèvement contient des billes recouvertes d'un réactif/Photo DR

Enfin, il y a l’injection de sérum autologue, autrement dit la culture de cellules. « C’est la meilleure alternative de soin pour l’arthrose », pense Bruno Baup. C’est le fin du fin. D’abord, parce que c’est pratique d’utilisation, c’est sans réaction. Ensuite, parce que c’est rapide d’action, c’est sans comparaison avec les thérapeutiques classiques. Et pour finir, parce que ça ne laisse pas de trace (dans le sang et dans les urines) d’intervention.

Le dernier cri, dans le traitement de la boiterie du cheval, est donc la mise en culture de molécules qui sont capables ou de protéger les cartilages, comme le fait l’IGF 1 (insuline like growth factor), ou de se substituer à l’interleukine 1. C’est elle, l’interleukine 1, qui est à l’origine de la production d’enzymes qui sont responsables de l’inflammation et de la dégradation du cartilage. Une fois de plus, ce procédé (la culture de cellules) est né de la médecine appliquée à l’homme, plus exactement de celle qui vise à traiter son arthrose. Il a après été transposé au cheval, dans les années 2000.

Dans un premier temps, le principe de la mise en culture repose ici sur une prise de sang qui est mise à l’étuve. Dès lors, grâce à des agents réactifs, les hématies (globules rouges) produisent les fameuses molécules. Dans un second temps, la centrifugation de ce « bouillon de culture » crée le sérum. C’est ce même sérum qui sera tantôt injecté, tantôt conservé au congélateur pour des usages ultérieurs.

Selon les spécialistes qui sont rompus à la culture de cellules, il semble que « la qualité des substances ainsi « récoltées » soit considérablement renforcée par rapport à celle qui est fabriquée naturellement par l’organisme du cheval ». Et que, avec cette technologie, « les résultats en termes de soins soient très satisfaisants ». De leur côté, tant les Dr Baup que Gangl sont convaincus de l’intérêt qu’il convient d’accorder à la culture de cellules dans le traitement des affections locomotrices du cheval. « Ce sera notamment très intéressant lorsque nous pourrons reconstruire du cartilage », se projette l’orthopédiste. Tandis que son confrère voit déjà, lui, dans cette thérapeutique, « un petit miracle ». « Fini, ici, les risques d’allergies et de contrôles positifs », se réjouit-il.

L’avis de Jean-Philippe


Le contrôle cardiaque est un moment crucial sur une épreuve d'endurance/Photo Marysa Merlo



Jean-Philippe Frances est le récent champion d’Europe d’Endurance. Depuis le nombre d’années qu’il évolue au plus haut niveau de la discipline, il a eut l’occasion de recourir à plusieurs de ces « nouveaux traitements ». « C’est difficile d’évaluer avec précision l’efficacité de chacun d’eux, reconnaît-il. J’ai des chevaux qui reçoivent des compléments toute l’année, sans que cela leur nuise. Mais j’en ai aussi qui n’en mangent jamais, et qui ne vont pas mal pour autant. »

Parmi toutes les substances (légales, faut-il le rappeler) que Jean-Philippe a pu essayer, il y en a certaines qui lui ont permis d’avoir des chevaux plus souples au travail, et d’autres qui lui en ont procuré des plus résistants à l’effort. « C’est le cas des injections de chondroïtine, d’acide hyaluronique et de tiludronate par exemple », confie-t-il. Tout en faisant remarquer que « l’endurance est une discipline si particulière, par sa longueur, que ceux qui pensent qu’il suffit de s’en remettre aux traitements pour être devant se trompent vraiment ». Simplement offrent-ils, selon lui, « un confort et une protection supplémentaires aux chevaux ». En aucun cas, « ils ne sont un rempart contre les boiteries », insiste Jean-Philippe.
 
 
Note: Aucun avis
(0 note)
Ecrit par: Rédaction, Le: 28/11/07