
Photo Marysa Merlo
Le cheval supporte bien l’hiver. Ce n’est pas le froid qui le gêne. C’est le vent et la pluie qui l’ennuie. Le cheval est un animal qui vit bien dehors. Il est capable d’endurer des températures très basses. Ce qui n’est pas le cas de la chaleur, à laquelle il a du mal à faire face. Par Rédaction
Le cheval n’est pas plus malade l’hiver que l’été. « Hormis la gale de boue, avec ou sans lymphangite (inflammation), il n’y a pas vraiment de pathologie qui soit spécifiquement liée au temps froid », souligne Denis Hubert, vétérinaire. Lorsque le cheval est malade durant l’hiver, ce n’est pas à cause de la saison. « C’est souvent le fait d’un manque de soin », est-il formel. C’est par exemple le cheval qui vit dans cinquante centimètres de boue, et qui n’est jamais pansé. C’est en partie celui-là qui contracte la gale de boue, voire la dermatite hivernale. Pourtant, pour ce qui est de la même gale de boue, un réflexe simple permet de l’éviter : « Il ne faut pas doucher les membres d’un cheval par temps humide, car cela génère des crevasses qui s’infectent avec la chaleur et la saleté », rappelle le Dr Hubert. Mieux vaut les brosser, puis les sécher et les protéger (principalement au niveau des pâturons) avec de la vaseline. Les seules pathologies qui pourraient être attribuées aux mauvaises conditions météorologiques sont les boiteries, particulièrement celles qui sont occasionnées par les blessures dues aux sols gelés et glissants.
Si, l’été, le cheval peut à peu près se suffire à lui-même, il n’en est rien l’hiver. D'octobre à mars, il a besoin de plus de soin. L’hébergement est un facteur important pour la bonne santé du cheval en cette saison-là. « Trop de chevaux sont mal parqués et mal logés pendant ces six mois de l’année », déplore le praticien. Et de poursuivre : « Il est pourtant si simple et si peu coûteux de terrasser les endroits qu’ils piétinent (entrées de prés, de paddocks et d’abris, bords de clôtures et d’abreuvoirs, etc.) et de passer de temps en temps un petit coup de herse sur les terres. »
"UNE BONNE HAIE SUFFIT"

Couverture d'extérieure Karine Donckers/Photo Cavaleurope
Toutefois, le cheval n’a pas besoin d’une forteresse pour se cacher des intempéries. « Une bonne haie suffit », dit le Dr Hubert. La couverture d’hiver peut aussi être une bonne alternative. A condition qu’elle soit de qualité et parfaitement adaptée au cheval. Dans ce cas, elle n’aurait, au dire des spécialistes, « aucun inconvénient, que ce soit de locomotion, de blessure ou de réflexe peaucier (comprenez : qu’elle n’influerait pas sur sa protection naturelle) ». La couverture pourrait juste rendre le cheval moins sensible aux fils électriques.
Pour autant, choisir la solution de l’abri (voir encadré) implique qu’elle soit du mieux possible. C’est-à-dire que la cabane d’un cheval doit au minimum être fermée sur les deux côtés les plus exposés et assez haute pour que l’air puisse y circuler. Car, pour le vétérinaire, « c’est bien du manque d’aération que part l’essentiel des affections respiratoires du cheval en hiver, comme durant tout le reste de l’année ». En effet, « ce sont les chevaux qui sont les plus cloîtrés qui contractent les grippes et autres maladies du genre, affirme encore le Dr Hubert. Puisque les boxes, autant que les écuries et les abris renferment des masses de virus considérables. » Ce que connaissent moins les chevaux qui vivent totalement à l’extérieur. Ceux-ci sont moins concernés par les pathologies respiratoires. Faut-il le rappeler, les chevaux sont des animaux de plein air, qui se plaisent à vivre avec leur congénères. Ce sont de surcroît des athlètes, car ils peuvent parcourir quotidiennement entre quinze et trente kilomètres.
Autorisation de construction Boxe ou abri, les règles de construction sont identiques. « Hormis d’être un professionnel (entraîneur, agriculteur, exploitant de centre équestre...), il est interdit d'ériger quoi que ce soit sur un terrain non constructible (NC) », prévient Christiane Martinon, instructrice auprès d’une communauté de communes de Loire-Atlantique. De même, ajoute-t-elle, « que l’édification de tout bâti, peu importe sa taille, doit faire l’objet d’une autorisation administrative. » Plus précisément, si ce dernier (le bâti) n’excède pas les 20 m2 au sol, c’est d’une déclaration de travaux dont il s’agit. Au-delà, c’est d'un permis de construire dont il est question. Les délais d’obtention pouvant varier en fonction des autorisations. Il faut compter un mois pour la première, contre deux pour la seconde. Quant au délai de validation, il est le même pour les deux autorisations, c’est-à-dire deux ans plus une année de prorogation possible. Reste que les mairies de notre pays demeurent maîtres de leur territoire. Et que, en l’espèce, les situations sont loin d’être partout similaires. En effet, les POS (plan d’occupation des sols d’autrefois) ou les PLU (plan local d’urbanisme d’aujourd’hui) sont spécifiques à chaque commune et à chaque ville. Autrement dit, ce qui est autorisé ici ne l’est pas forcément là. Il peut par exemple être accepté la tôle pour le toit dans un endroit, alors qu’elle peut ne pas l’être dans la commune voisine. Idem pour le bardage en bois, qui tantôt peut être toléré, tantôt être refusé. D’où la recommandation des services de l’urbanisme des mairies de « systématiquement s’en référer à eux avant de se lancer dans la construction d'un boxe ou d’un abri pour cheval ». Celui-ci fut-il démontable, et « planté » au beau milieu de dix hectares en pleine campagne. |
Le grand air est donc bon pour les poumons du cheval. Mais il l’est aussi pour ses pieds, s’ils sont surveillés. « L’humidité, qu’elle vienne du fumier ou de la boue, n’est pas bonne pour les sabots », rappelle le praticien. C’est pourquoi, il invite à ce que, l’hiver, « les pieds comme les membres des chevaux soient le plus possible tenus au sec. D’une part, en enduisant les soles et les fourchettes de bleu de méthylène et de goudron de Norvège pour qu’elles restent seines. Et, d’autre part, en tondant les membres, uniquement le creux des pâturons, pour qu’ils sèchent rapidement. » Sans oublier le parage : les pieds mal entretenus ont des lacunes dans lesquelles reste la terre. A terme, cela ramollie les cornes et provoque des abcès. Reste que garder la ferrure du cheval en hiver n’est pas nécessaire. Surtout s’il ne travaille pas.
UN ROLE ESSENTIEL

Photo DR
On l’a dit, le cheval a besoin de plus de soin en hiver. En cela, l’alimentation joue un rôle essentiel. Raison de plus quand elle concerne un poulain ou un vieil animal. Car, l'un doit assurer sa croissance, candi que l’autre peut présenter des difficultés d’assimilation.
Il faut savoir, que, l’hiver, l’herbe ne représente qu’une occupation pour le cheval, car elle n’a aucun pouvoir nutritionnel. Et, que, par temps froid, un animal qui reste au boxe a moins la nécessité d’être plus alimenté qu’un autre qui doit combattre le vent et la pluie, le second ayant une dépense calorique supérieure au premier. Selon le Dr Hubert, « le cheval qui vit dehors tout l’hiver peut même être un peu gras, ce n’est pas grave. Il est ainsi mieux protégé du froid. » On peut aussi administrer à un animal qui reste en extérieur des compléments minéraux et des matières grasses, comme de l’huile végétale par exemple. « Ce n’est pas du luxe quand la saison est rude ! », dit le vétérinaire.
Toutefois, à quoi bon bien nourrir un cheval s’il n’est pas bien vermifugé. L’hiver est une période propice au nettoyage de l’organisme de cet animal, puisque c’est durant ces mois-là que les larves de gastérophiles y grossissent, que les ténias y font des dégâts et que les strongles y sont soit en diapause (vie ralentie), soit en migration, en attendant de s’y réveiller au printemps. C’est donc le moment idéal pour mettre fin à leur carnage et à leur voyage.
A savoir
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ETRE PREPARES POUR ETRE TRAVAILLES

Photo Nicolas Chauveau
Travailler un cheval en hiver impose également quelques règles. La première est, sans nul doute, de veiller à ce qu’il ne prenne jamais froid. Pour cela, le petit coup de tondeuse est idéal. Si le cheval vit au boxe, il peut être rasé de la tête au pied, mais couvert la nuit et dès que la température baisse. Tandis que s’il est en permanence dehors, il ne faut qu’il soit tondu que partiellement (épaules, encolure et dessous du ventre), et toujours vêtu de sa couverture.
Quand il fait humide et froid, la mise en route est plus longue que lorsqu’il fait chaud et sec. Même pour le cheval qui vit dehors, qui est en principe amené à plus se remuer que celui qui est enfermé, les muscles du dos et de la croupe ont besoin d’être préparés pour être travaillés. D’où cette mise en garde du Dr Hubert : « L’échauffement du cheval doit être plus long et plus progressif l’hiver que l’été. Il faut qu’il dure une vingtaine de minutes, qu’il intègre plusieurs trottings, mais pas de phases intensives. »
Attention aux chevaux chauds : le temps frais les énerve. C’est la raison pour laquelle, même quand les conditions météos sont exécrables, il faut qu’ils passent du temps dehors. Une à deux heures sont ici le minimum. « Cela évite les coups de sang », souligne le praticien.
Enfin, l’après travail est encore une phase délicate à gérer lorsqu’il fait froid. Surtout pour le cheval qui vit à l’extérieur. « Il ne faut pas qu’il y soit relâché mouillé, prévient le Dr Hubert. Il ne faut donc pas hésiter à le bouchonner avec de la paille et à le frictionner avec de l’alcool à brûler. »
Les mots de Sébastien Ferchaud Sébastien Ferchaud est un entraîneur de trotteurs du Maine-et-Loire. Dans ses écuries, la vie des chevaux se conjugue soit au boxe, soit au pré. Mais la préférence va de plus en plus vers celle qui est en liberté. Sur les 35 pensionnaires (de tous âges, de tous niveaux et de toutes disciplines du trot) que compte l’effectif du professionnel angevin, la moitié est logé dehors. La priorité de gambader est donnée à ceux qui sont fragiles du dos, des membres et des poumons. Chaque animal qui dort à l’extérieur possède son hectare - entouré de fils électriques et de lices de bois - et sa cabane de 20 m2, dans laquelle trône une épaisse litière bateau, du foin à volonté et de l’eau. Et chacun d’eux est vêtu d’une (si c’est un entier) ou de deux (si c’est un hongre ou une jument) couvertures, une de pré plus une de boxe. Par contre, aucun des chevaux qui vit à l’extérieur n’est tondu. « Ce n’est pas nécessaire, car ils sont couverts dès les premiers froids, explique Sébastien. Du coup, ils n’ont jamais de poil. » Le régime alimentaire de l’écurie Ferchaud est le même (céréales, granulés, floconnés et vitamine C) pour tous, que les animaux vivent dedans ou dehors. Ce sont juste les quantités qui changent. « Ceux qui restent en permanence à l’extérieur peuvent manger, par jour, jusqu’à 8 l de plus que ceux qui dorment en boxe », raconte l’entraîneur. Ainsi, certains peuvent-ils ingurgiter quotidiennement près de 25 l d’aliments. « Je ne vois que des avantages à faire vivre les chevaux dehors, clame Sébastien. Ils sont moins malades. Ils se font moins mal aux jambes. Mais, surtout, ils se préparent plus facilement, car ils marchent tout le temps. » Les deux inconvénients que pourrait voir le professionnel du Maine-et-Loire à ce que ses athlètes soient continuellement dehors, ce sont les traces que laissent les couvertures sur leurs épaules et la valse à laquelle il est obligé de s’adonner en permanence pour les leur enlever et les leur remettre avant et après le travail. « C’est un peu de temps à passer, avoue-t-il. Mais c’est aussi un gros budget. » Puisque, chez Sébastien, une couverture dure en moyenne deux hivers. |
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Règlements sanitaires
Règlements sanitaires
Ecrit par: Rédaction, Le: 27/11/07























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