
Photo Nicolas Chauveau
Adieu les intempéries, voici venir le soleil et les longues journées. L’été est arrivé, et avec lui son lot de difficultés. Coups de soleil, plaies, piqûres d’insectes... même lorsqu’il fait beau, les chevaux ont leurs petits bobos. Entre conseils et remèdes, voici comment faire pour chevaucher en paix. Par Rédaction
L’été est une époque agréable pour qui aime monter à cheval. C’est l’occasion de pratiquer sans compter. C’est, également, le moment de travailler son compagnon plus assidûment que durant le reste de l’année. Et c’est, enfin, la période rêvée pour s’adonner aux joies du pansage. Pourquoi donc se priverait-on de ces moments-là. Mais attention, l’été, c’est comme l’hiver, les chevaux ont leurs petits problèmes.
LES INSECTES

Une mouche Hippobosca-équina/Photo SVL
A l’inverse des parasites de l’hiver, qui se nichent dans le tube digestif, ceux de l’été s’établissent sur la peau des chevaux. Ce sont principalement les insectes volants (moustiques et mouches) qui envahissent ces gros animaux quand il fait chaud. Ils ont comme principale conséquence : des démangeaisons, qui peuvent être plus ou moins importantes.
Il y a les mouches « plates », qui vivent entre les cuisses ou autour de l’anus des chevaux. Elles sont difficiles à écraser à cause de leur forme. Elles ne provoquent que des prurits. Ce qui n’est pas le cas des taons, qui sont d’autres mouches, sombres, de la famille des tabanides, dont l’action est plus invasive. Ils piquent fort, ce qui entraîne quelquefois des réactions inflammatoires violentes qui peuvent aboutir à des irruptions de boutons de plusieurs centimètres de diamètres. La particularité des taons est que ce sont des insectes qui sont aussi agressifs que la chaleur est intensive.
Les herbes cachent également leurs petites bêtes. Ce sont les acariens. Plus discrets que les mouches, ils remontent dans les poils des chevaux, au lieu de se poser dessus. Les insectes des herbes les plus connus sont les tiques. Ce sont les plus redoutés aussi, car ce sont eux qui transmettent la tant redoutée piroplasmose. Reste que les acariens peuvent, pareillement aux mouches, causer des eczémas ou des prurits, notamment des oreilles. On parle alors de plaques auriculaires. Ces mêmes prurits peuvent être très désagréables car ils peuvent produire une cire nauséabonde qui est source de grattage permanent et d’agitation violente.
Pour combattre tous ces insectes, les premières armes des chevaux sont naturelles. Elles sont la queue, la crinière et les muscles peauciers. Des bonnes conditions de vie sont aussi primordiales pour éviter qu’ils se fassent attaquer de toute part. Des prés ou des paddocks bien entretenus, comme des abreuvoirs ou des mares correctement nettoyés, sont par exemple des gestes nécessaires à une bonne hygiène.
LES DERMATITES

Photo DR
Parmi les dermatites, qui sont des inflammations de la peau, il en est une qui sévit particulièrement aux beaux jours. C’est la dermatite estivale. « C’est la seule vraie affection dermatologique de l’été. Elle n’a rien à voir avec la gale, qui n’existe pour ainsi dire plus dans nos contrées », précise le docteur vétérinaire Didier-Noël Carlotti. On dit souvent de la dermatite estivale qu’elle est récidivante, tout simplement parce qu’elle tend à revenir constamment.
C’est un petit moucheron, le culicoide, qui est généralement à l’origine de la dermatite estivale. Plus précisément, c’est une hypersensibilité aux piqûres de cette petite bête qui provoque une allergie. La dermatite estivale est surtout localisée à la base de la queue et de la crinière ainsi qu’au garrot. Mais elle peut s’étendre sous le ventre et sur le dos. Les signes de cette affection dermatologique sont des crains cassés, une peau épaissie, des croûtes ou des plaies sérieusement envenimées.
Or, pour ce qui est spécifiquement de la dermatite aux culicoides, elle peut sévir d’avril à octobre. La meilleure façon d’en prémunir les chevaux est de les mettre à l’abri au box - ventilé - dès que le temps est chaud. Car, si ces moucherons aiment la chaleur, ils ne sont pas vraiment volants. De même qu’ils n’apprécient pas la pluie. C’est pourquoi, dans les cas les plus graves de ces dermatites-là (aux culicoides), le déménagement dans des régions plus froides ou plus ventées peut être la solution idéale.
Quant au traitement de la dermatite estivale, autant le dire, la science est un peu démunie. Dans les formes les plus bénignes, l’application d’insecticides externes (au fipronil) suffit. Mais, dès qu’il y a plaie, il faut qu’elles soient traitées comme à l’habituelle : c’est-à-dire désinfectées puis protégées par des crèmes contre les insectes. Ce n’est que dans les dermatites estivales graves que les vétérinaires ont recours aux antibiotiques et aux corticoïdes. Ce qui n’exclue pas de traiter l’environnement des chevaux, en apposant dans les boxs des moustiquaires et en pulvérisant sur les murs des écuries et les parois des vans des insecticides (au pyréthroïdes). « Il existe aussi des peintures insecticides et des pièges divers qui peuvent être de bons compléments aux soins médicaux », signale le Dr Carlotti. Avant d’avouer : « Je suis, par contre, relativement réservé pour ce qui est de l’efficacité des applications de mélanges à base de citronnelle et autres huile de cade sur les chevaux. »
LA PHOTODERMATOSE

Comme le pli du pâturon, le bout du nez est une zone sensible/Photo Marysa Merlo
La photodermatose, ou coup de soleil, est une maladie spécifique à l’été. Elle concerne les zones non pigmentées (dites blanches) et sans poils, autrement dit le bout du nez, le chanfrein, les lèvres ou les pâturons. Comme pour les humains, lors de photodermatose, la peau devient d’abord rouge, puis des croûtes - avec ulcérations - peuvent apparaître. Comme pour les humains, aussi, le coup de soleil peut être douloureux pour les chevaux.
Ce sont essentiellement les animaux à la peau claire qui sont concernés par la photodermatose. En plus de les mettre à l’abri et de leur mettre un bonnet sur la tête, « on peut tout à fait leur appliquer de la crème solaire, la même que pour l’homme », dit le Dr Carlotti. « Mais, il ne faut pas oublier, au même titre qu’on le fait pour nous, de renouveler souvent les applications, surtout lorsque les chevaux travaillent », tient-il à rappeler. La photodermatose peut-elle ne pas être uniquement la cause du soleil. En effet, la prise de médicaments, comme les antibiotiques et les anti histaminiques par exemple, ou encore l’utilisation d’antiseptiques, d’insecticides ou de tous autres mélanges de plantes peuvent, eux aussi, être photo sensibilisants.
LE COUP DE CHALEUR

Photo Marysa Merlo
En principe, le cheval s’adapte à tous les climats. On dit de lui qu’il est homéotherme, car son corps est capable de maintenir une température constante quel que soit le temps. Mais, si les atmosphères basses tonifient les chevaux, les hautes les fatiguent. Le coup de chaleur, ou hyper thermie, est une élévation brutale de la température interne, à plus de 41 degrés. La raison peut en être une fièvre. Mais, en été, c’est plus souvent l’exposition au soleil, l’effort ou le transport qui conduit les chevaux à souffrir de la chaleur (lire : La chaleur : comment en profiter sans danger).
Il faut le savoir : à travail égal, la température corporelle du cheval augmente deux fois plus vite quand il fait chaud que lorsqu’il fait froid. Les sssymptômes de l’hyper thermie sont nombreux. Mais les premiers qu’il faut retenir sont une peau chaude et sèche, une sudation excessive et un rythme cardiaque et respiratoire élevé. Lorsque la situation est plus grave, le cheval peut être victime de troubles du système nerveux central, qui peuvent l’amener au coma, voire à la mort.
« Les premiers gestes à effectuer sont alors de lui arroser abondamment la tête, l’encolure et l’entrecuisse, conseille Frédéric Orange, vétérinaire. Il faut également le faire boire doucement, de l’eau pure ou additionnée d’électrolytes. Et on peut lui administrer une demi-dose d’anti inflammatoire et d’antipyrétique. » Mais, surtout, en cas de coup de chaleur, il faut mettre le cheval dans un endroit frais et calme.
LES PLAIES

Photo Nicolas Chauveau
L’été, les blessures de sangle et de garrot sont des interventions régulières pour le Dr Orange. « Les chevaux qui ont de l’embonpoint ont facilement les harnachements qui glissent, explique-t-il. Quant aux autres, ceux qui sont plus maigres, ils n’ont rien ou pas grand-chose pour amortir les frottements des cuirs. Du coup, avec la chaleur, les mouches et parfois le manque de soins, des brûlures apparaissent. » « Si, au départ, ces plaies semblent anodines, l’été, elles deviennent vite surinfectées », fait encore remarquer Frédéric Orange.
Les chevaux livrés à eux-mêmes, ainsi que ceux qui sont menés sans considération par leurs cavaliers sont également concernés par « les plaies de l’été ». Entre les animaux qui se prennent les membres dans les clôtures, ceux qui s’éborgnent avec des branches, ceux qui se font piquer par des hyménoptères, mordre par leurs congénères ou par des vipères, ou encore ceux qui prennent des coups de pieds ou tombent sur des objets qui les tranchent... le quotidien des praticiens est, selon eux, « trop régulièrement fait d’erreurs impardonnables en période estivale ». D’où cet appel à la vigilance que lance Frédéric Orange : « Avec la chaleur et les mouches, l’été, plus que l’hiver encore, il est impératif de laver la moindre plaie de son cheval avec du savon et de l’enduire de gras ; de lui protéger (par des moumoutes ou des mousses végétales), si on le monte, les parties qui sont lésées ; et de correctement le surveiller, même s’il reste au pré. »
LES BOITERIES

Photo Marysa Merlo
Il ressort, lorsqu’il fait chaud et sec, deux types de boiteries. « Il y a les tendinites. Elles sont dues, d’une part, aux sols durs, qui font remonter les chocs dans les tendons. Et, d’autre part, à la fatigue des chevaux, surtout ceux de courses et de saut d’obstacles, qui, à partir de la mi-août, sont fragilisés par plusieurs mois de compétitions », déclare le Dr Orange[/mail]. Il y a aussi les accidents ostéoarticulaires. « Ils arrivent à la suite de galops effrénés sur des sols durs, ou encore après du surmenage », dit le vétérinaire.
C’est la raison pour laquelle il faut vraiment choisir ses terrains pour sauter ou randonner en été. Et ne pas hésiter à recourir à des ferrures adaptées, avec des plaques protectrices et amortissantes pour protéger les pieds et atténuer les chocs dans les tendons et les articulations. « A cette saison-là, un graissage de la corne, trois fois par semaine, avec de l’onguent blond, me semble également indispensable, ajoute Fabrice Cavé, professeur de maréchalerie aux haras du Pin (Orne). Car les accidents du pied, les sèmes notamment, sont fréquents en été. »
Dix trucs et astuces
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Ecrit par: Rédaction, Le: 25/06/07





















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