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La paille resterait la litière la plus utilisée en France. Mais l'explosion des nouvelles matières pourrait bien lui mettre un coup d’arrêt. Plus légères et sans poussières, les pailles de lin et autres copeaux de bois ont plus d’un atout à faire valoir. Toutefois, leur prix demeure toujours un point noir. Par Rédaction
L’entretien. Au dire de Bruno Lainé, l’un des plus importants vendeurs de litière de copeau et de lin de notre pays, « le passage de la litière traditionnelle à l’ « artificielle » (aussi appelée de substitution) constituerait, pour les propriétaires et leurs chevaux, un changement radical ». « Avec la paille (de blé, d’orge ou d’avoine), explique-t-il, il faut ne retirer le fumier qu’une fois par jour, mais remettre quotidiennement au moins cinq à six kilos de matière. Or, avec le copeau ou le lin, il faut, certes, entretenir la litière en permanence, mais ne rajouter de la substance qu’une fois par semaine. » Il faut savoir que la mise de départ d’une litière traditionnelle n’est que d’une botte de paille (de quinze kilos environ), contre trois à six ballots (de vingt kilos en moyenne) pour une de substitution. Et, qu’avec la première litière, un box se vide et se désinfecte à peu près toutes les une à deux semaines, tandis que la même opération s'effectue toutes les huit à douze avec la seconde.
LA LITIERE DE BASE

De la paille de blé/Photo Nicolas Chauveau
La paille. La paille resterait la litière de base en France. Faut-il le reconnaître, nous sommes, d'abord, un grand pays de tradition céréalière. Et nous serions, ensuite, d’après les spécialistes de la litière, un tantinet conservateurs. C'est ce qui fait, que, dans notre pays, 90 % des chevaux vivraient encore sur de la paille. Parce que, d’une part, celle-ci constitue un lest non négligeable, ce qui n’est le cas d’aucune litière « moderne ». Et parce que, d’autre part, elle donne un volume bien supérieur au copeau, au lin et autres chanvre. Il n’y aurait que le papier qui pourrait égaler la paille dans ce domaine-là. Aussi, la même paille absorbe-t-elle parfaitement les liquides. Hélas, son poids en fait un matériau difficile à manipuler, surtout lorsqu’il est souillé. Et sa qualité tend à se dégrader, notamment depuis ces dernières années.

Le lin et le copeau. Le lin et le copeau sont les deux types de litières de substitutions les plus employées en France. Elles sont faites, pour la première, à partir du lin textile et, pour la seconde, du bois blanc. « Pour le copeau, c’est souvent du pin du nord, souligne Bruno Lainé, car celui-ci ne dégage pas d’essences toxiques. Ce qui n’est pas le cas du pin des Landes, celui que récupèrent ici et ailleurs beaucoup de gens pour mettre dans leurs box. »
Le lin est hyper absorbant, mais il ne "pardonne" pas les mauvais entretiens. « Il passe rapidement de couleur. Il devient vite jaunâtre », signale Bruno Lainé. Gageons que le lin n’est pas non plus très volumineux, et qu’il est assez glissant. C’est tout le contraire du copeau. Celui-ci se nettoie facilement. Il a de l’ampleur et de la tenue au sol. Mais il n’éponge que partiellement les liquides.
DE PLUS EN PLUS D'EMULES

Photo Nicolas Chauveau
Le chanvre et le papier. Le chanvre, comme litière de substitution, semblerait faire de plus en plus d’émules dans notre pays. Il faut dire que cette tige défibrée et broyée absorbe deux fois plus que le lin et quatre fois plus que le copeau. Et, aussi, qu'elle apporte plus de volume que ce dernier. « Par ailleurs, le chanvre n’est pas glissant, à tel point qu’il est utilisé dans les vans et dans les camions, fait remarquer Philippe de Munck, un vendeur de cette matière. En plus, il est exempt d’acariens, ce qui est très bien pour les chevaux qui toussent. » Mais voilà, le chanvre serait, semble-t-il, plus appétant que le copeau et le lin. Cela veut dire que les chevaux seraient assez tentés de le manger.
Pour leur part, les litières en papier paraîtraient avoir du mal à s’imposer en France, alors qu’elles connaîtraient un vrai succès à l'étranger. Elles sont réservées à des usages bien particuliers. « Elles sont employées dans les boxs de réveil ou dans ceux de poulinage, ainsi que pour les chevaux qui mangent tout et n’importe quoi comme autre litière, indique Philippe Lamerant, qui est le seul à en vendre en papier dans notre pays. Mais elles trouvent également leur utilité pour les animaux qui souffrent de grosses pathologies respiratoires, car ce sont des litières qui ne dégagent aucune poussière. » Toutefois, la qualité d’absorption du papier est quasi nulle. Il ne faut y recourir que pour son volume.

L'évacuation. Il est clair que le fumier de paille est le plus difficile à manier. Il est lourd, prend de la place et son recyclage ne peut se faire que par épandage. Idem pour celui de copeau qui, certes, est moins pesant mais tout aussi encombrant. Il n’est, de surcroît, valorisable que sur les sols des carrières ou des manèges. Quant aux autres amendements, ceux de lin et de chanvre, ils font un humus léger, hypercompostable et riche en matière organique. Ils peuvent ainsi être facilement exploités sur les prés ou sur les potagers. Quant au fumier qui émane des litières en papier, il se fait brûler ou se dépose dans des lieux appropriés, comme les déchetteries par exemple.
Témoignage Sur les 400 chevaux qu’héberge en permanence l'Ecole nationale d’équitation (ENE), 300 vivent sur de la litière traditionnelle, et le reste évolue sur de l'"artificielle". « C’est d’abord une question de coût, explique le chef du service des écuries, Jacky Bouchenoire. Et c’est ensuite un problème de confort. La paille, ça a une bonne odeur, et ça fait du volume dans les box. » L’ENE a recours aux litières de substitutions que pour des raisons bien définies. « Nous mettons sur le lin les chevaux gourmands et ceux qui font de l’emphysème ou des coliques », précise notre chef d’écurie. « Mais il arrive que certains d’entre eux trouvent encore le moyen de passer leur temps le nez dans leur litière. Alors, pour ces chevaux-là, nous utilisons du copeau », ajoute-t-il. Le papier fait donc exception dans les box de l’Ecole nationale d’équitation. « Plus exactement, il nous ne nous est recommandé que sur avis médical, confie M. Bouchenoire. Sinon, ce n’est pas une litière que nous privilégions. Elle est très onéreuse. Et elle n’est pas du plus bel effet. » « Quant au chanvre, souligne-t-il, nous n'avons pas eu l’occasion d’en essayer. Mais, pourquoi pas ! » Côté entretient, les écuries de l’ENE sont entièrement vidées tous les lundis matin, pour celles qui sont faites avec de la litière traditionnelle, et une fois toutes les six à huit semaines pour les autres. Les fumiers sont, pour l’essentielle, recyclés dans des champignonnières. Sauf ceux qui émanent du copeau et du papier, qui sont mis de côté. « Nous préférons largement travailler avec de la paille végétale, reconnaît Jacky Bouchenoire. Mais il est vrai que cela nécessite du matériel et du personnel. » Et de faire remarquer qu’il doit en plus veiller « à la qualité » de la paille, qu’il trouve à présent « assez inégale ». |
En complément

Un ballot de copeaux/Photo Marysa Merlo
La paille se trouve à peu près partout dans les campagnes, chez les agriculteurs ou dans les coopératives agricoles. Son stockage reste délicat. Elle n’aime pas l’humidité, et demande beaucoup de place. Le papier, comme le lin, le chanvre ou le copeau sont un peu plus difficiles à dénicher. Environ 70 % des litières « modernes » se vendraient chez les négociants d’aliments pour chevaux. Le reste des clients s’approvisionnant directement chez les fabricants. Avec les litières « artificielles », il n'y a plus de problème de stockage. Elles sont toutes conditionnées sous films plastiques. Ce qui signifie qu’elles n’ont pas besoin d’être mises à l’abri.
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Ecrit par: Rédaction, Le: 12/03/07





















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