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Rss Gel ou argile ?


Photo Nicolas Chauveau



Les gels et les argiles que l’on trouve en vente libre n'ont qu'un effet thérapeutique réduit. Pourtant, à en croire les publicités et les discours tenus ici et ailleurs, ces produits seraient tous plus géniaux les uns que les autres. Or, dénués de principes actifs majeurs, ils ne pourraient en fait procurer le grand bonheur. Petite mise à l’heure. Par Rédaction

C’est souvent le flou artistique qui entoure les boîtes de gel et d’argile. Qu’y a-t-il vraiment dedans. Et que se cache-t-il derrière leurs étiquettes aux noms si évocateurs et aux effets si accrocheurs ? Bien difficile de le savoir, car seules les maisons sérieuses inscrivent sur leurs emballages leurs coordonnées, le numéro de lot de leurs produits ainsi que leur composition, leur date de fabrication et de péremption.

AUCUNE NORME


Des membres postérieurs recouverts d'argile/Photo Nicolas Chauveau

Il faut le savoir : en France, aucune norme ne régit la fabrication des produits de soin et d’hygiène pour les chevaux. Il existe, malgré tout, des laboratoires où l’on s’efforce de faire les choses correctement. Et, où la qualité n’a pas encore été entravée par la rentabilité. C’est le cas de certains fabricants d’argiles. L’un d’eux, bien connu du monde hippique, tient justement à revenir sur quelques points : « Il faut se méfier des argiles qui contiennent de l’alun de potassium, prévient son vétérinaire, le Dr Henri Lavirotte. Elles assèchent la peau des chevaux. Les argiles les plus intéressantes à utiliser sont, ici, celles qui sont issues du silicate d’aluminium ou de la monmorionite. Mais il y a tellement de sortes d'argiles qu’il est difficile de toutes les passer au crible. »

« D’autre part, ajoute le Dr Lavirotte, il est important que les argiles utilisées pour les chevaux soient exemptes de bactéries et qu’elles respectent leur peau. Mais, ces précautions passent par des processus de fabrication assez complexes. Ces argiles-ci sont asséchées, pour être nettoyées puis réhydratées et mélangées à diverses substances (comme à des huiles essentielles notamment) selon les besoins. » Toutes ces étapes ont un coût. Ce qui signifie que les argiles qui sont vendues à la va vite ou à bas prix ont peu de chance d’être excellentes.

"PAS D'INQUIETUDE"


Pose d'une boue marine/Photo Marysa Merlo

Un autre type d’argile, celles qui viennent de la mer, interpelle quelque peu les professionnels du soin du cheval. On les appelle les boues marines. Certains les disent plus efficaces que celles qui proviennent de la terre. D’autres se posent des questions sur leur qualité sanitaire. Qu’en est-il vraiment ? Pour l'un de ces laboratoires spécialisés dans les boues marines, qui en fabrique autant pour la cosmétique que pour le bien-être des chevaux, « il n’y a pas d’inquiétude à avoir ». « Pour ce qui nous concerne, explique-t-on dans cette maison, nos boues sont extraites sous deux mètres de terre. Elles sont ensuite filtrées, pour en retirer les impuretés, puis malaxées, mélangées à des huiles essentielles et à des conservateurs chimiques, et laissées au froid (à 4°) durant trente jours. Ce sont ces deux dernières opérations qui bloquent le développement des bactéries. » Ainsi, les boues marines correctement collectées, transformées et conditionnées sont-elles aussi fiables que n’importe quelle autre argile de bonne qualité.

C’est réellement du côté des gels que demeurent les interrogations. Il y a beaucoup de vendeurs, mais peu de connaisseurs de la santé du cheval dans ce domaine-là. L’un d’eux, dont le catalogue recense plusieurs sortes de gels, a tout de même tenté d’apporter quelques explications sur la conception de ses produits. « Ce sont généralement des mélanges d’huiles essentielles et de gomme Xanthane, y indique-t-on. Les premières leur apportent les principes actifs, et les secondes leur donnent leur teneur. » Selon nos professionnels des gels, le principal étant, pour ce genre de substance, « qu’elle ne coule pas dans la main, mais qu’elle soit suffisamment épaisse pour tenir sur les membres des chevaux ».

POUR QUI ET POURQUOI


Pose d'un gel sur un antérieur/Photo Marc Barbotin

La plupart des gels n’ont qu’un pouvoir relaxant et rafraîchissant. Leur effet, temporaire, incite donc à ne les utiliser qu’après les efforts. Ces gels-ci ne s’appliquent que sur les membres. Car il en existe d’autres, des gels, mais qui sont plus marginaux. Ceux-là servent à chauffer les muscles et les articulations des chevaux. Ils s’emploient avant le travail, en application sur les membres et sur le dos. Leurs bienfaits sont toutefois aussi ponctuels que les autres gels, les relaxants et les rafraîchissants.

L’utilisation des argiles et des boues marines est un peu plus élaborée que celle des gels. Leurs vertus sont exclusivement astringentes (asséchantes des tissus). Les argiles et les boues marines s’appliquent partout sur le corps du cheval, y compris sur les mamelles des juments qui sont en période de sevrage. Quelques-uns de leurs fabricants vont même jusqu’à les préconiser sur les plaies ouvertes. Sachant que les argiles, comme les boues marines, ne sont pas des médicaments, la prudence doit néanmoins ici être de mise. Attention, du fait de leur composition, certains de ces produits de soins pour les chevaux ne peuvent être utilisés de manière prolongée.

MODE D'EMPLOI


Pose d'une argile sous film plastique/Photo Marc Barbotin

Il n’y a rien de plus simple que d’appliquer un gel ou une argile. L’un comme l’autre se pose sur des membres propres, douchés ou préalablement brossés. Que ce soit pour le gel ou pour l’argile, leur application se fait en deux temps : d’abord à rebrousse poil, puis dans le sens du poil. La quantité de produit ne devant pas excéder les 8 à 10 mm d'épaisseur.

De par sa conception, l’efficacité d’un gel ne peut être optimisée. En revanche, celle d’une argile ou d’une boue marine peut l’être. Pour ce, il suffit d’envelopper la surface concernée d’un pansement ou d’un film plastique, ce qui évite au produit de sécher trop rapidement. Car, c’est bien lorsqu’une argile ou une boue marine est humide qu’elle est utile.

L’application d’un gel ne nécessite pas, a posteriori, de nettoyage particulier de la peau du cheval. Ce qui n’est pas le cas de celle d’une argile et d’une boue marine. Bien qu’elles se retirent à présent aisément, le petit coup de jet reste nécessaire.

A savoir


Pose d'un gel sur un antérieur/Photo Marc Barbotin



  • Il n’y a aucun mal à poser un gel ou une argile sitôt le travail. Ces produits sont d’ailleurs souvent conseillés pour cela.
  • Aucun gel ou argile du commerce n’est censé contenir de substance dopante. En revanche, méfiance de ceux qui sont délivrés par les vétérinaires, ils peuvent être de vrais médicaments.
  • Même si, en général, il est préférable de doucher les membres d’un cheval qui a reçu une application de gel ou d’argile, il n’est pas contre-indiqué de ne pas le lui retirer pour le travailler. Il n’y a que le gel chauffant qui peut être conservé sur les muscles ou les tendons du cheval durant le travail car il est fait pour cela.
  • Poser des bandages sur un gel rafraîchissant n’a guère de sens. Il n’en va pas de même si le gel est chauffant. Les bandages permettent, là, un prolongement de l’action du produit dans le temps. Les mêmes bandages n’ont pas davantage d’intérêt sur une argile posée sous film plastique, si ce n’est d’en tenir l’emplâtre. Alors qu’ils sont les bienvenus si l’argile est appliquée sous du papier journal, car il est plus perméable à l’air que le sélofane.
  • Attention aux réactions chimiques ou dermatologiques : sans avis médical, il est déconseillé de mélanger des gels ou des argiles entre elles, voire d’y ajouter des substances ou des médicaments.
  • Comme un gel, une argile doit être conservée à l’abri de la chaleur et de la lumière, sans quoi elle sèche.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 28/02/07