
Photo Nicolas Chauveau
Dur dur que d’être non tondu. Au travail, en hiver, les chevaux suent plus que de nature. Les mettre à nu est donc une nécessité presque absolue. Mais attention à la froidure. Par Rédaction
Tondre les chevaux, c’est à la fois très commode et plutôt joli. Très commode, parce que, débarrassés de leurs poils, les chevaux sont plus faciles à panser ainsi. Et plutôt joli, car il existe quasiment autant de coupes qu’il y a de modèles.
A chaque saison, les chevaux changent de robe. En fonction du temps, ils perdent ou reprennent du poil. Les fourrures sont diverses et variées. Il y a celles dites « moorlan », qui sont très épaisses, et celles nommées « bidet », qui sont plus longues et plus drues. Les premières sont l’apanage des poneys. Et les secondes sont la particularité des chevaux plus rustiques.
Quelques idées de tonte A chaque tonte son appellation. La coupe en trace est la plus « banale ». Elle convient parfaitement aux chevaux – endurcis - qui vivent au pré. Dans le même genre, il existe aussi la tonte ventrale, dont le but est de ne couper que les poils du ventre en passant entre les antérieurs jusqu’à mi-chemin de la phase supérieure de l’encolure. La tonte américaine consiste à retirer les poils de la tête, de l’encolure et du corps du cheval. Ici, seuls sont gardés ceux de la partie pouvant recevoir un tapis ou un couvre reins. La tonte de course, elle, provient des chevaux de halage. Elle suit - à mi-hauteur des flancs - l’encolure et la ligne des éléments du harnais. Et la face comme les poils du dessous de la mâchoire peut ou non être tondue. La tonte de chasse (ou manteau) est, pour sa part, bien connue : la tête, l’encolure et le corps - sauf l’emplacement de la selle - sont rasés, mais les membres restent poilus pour une meilleure protection contre le froid et les épines. Quant à la tonte générale, aussi appelée « mise à nue », elle est une coupe totale qui concerne toute la robe du cheval, du haut de sa tête au bas de ses membres. |
RISQUE MEDICAL

Photo Nicolas Chauveau
En principe, avec sa robe naturelle (comprenez : non tondue), un cheval est capable de vivre tout le temps et toute l’année à l’extérieure. Exception étant faite de certains animaux, très âgés ou très près du sang. Mais voilà, travailler un cheval avec un « pull-over » sur le dos s’avère parfois impossible. Avec leurs longs poils, les chevaux ont vite chaud. Ils s’épuisent rapidement et, du même coup, il devient compliqué de les mettre ou de les garder en bonne condition physique.
Mais le risque est surtout médical. « Les chevaux non tondus attrapent vite froid après le travail, prévient le docteur Anne-Véronique Delaunay. Ils peuvent contracter des affections respiratoires. » Gageons que, selon notre praticienne, « en hiver, un cheval tondu a moins de risque qu’un autre (poilu) d’être concerné par la dermatite ou la gale de boue. »
UNE AFFAIRE DE GOUT

Photo Nicolas Chauveau
La tonte consiste en un rasage d’une ou de toutes les parties du corps du cheval. Certes, le choix de telle ou telle coupe est une affaire de goût. Mais il doit tout de même prendre en compte les conditions dans lesquelles évolue l’animal, et s’il travaille ou pas. « Tous les chevaux que nous montons régulièrement sont tondus totalement, confie Michel Robert, le célèbre cavalier de saut d’obstacles. Nous leur laissons juste le tapis, pour ne pas qu’ils irritent sous la selle. Après leur sortie, les mêmes chevaux tondus sont immédiatement couverts d’une chemise qu’ils gardent toute la journée. Et la nuit, nous leur passons une - voire deux - couvertures lorsqu’il fait très froid. » Malgré toute cette rigueur, notre compétiteur avoue tondre une dizaine de fois entre septembre et mars. Signe que les chevaux aiment à se protéger du froid avec leurs poils.

Quant à la tonte proprement dite, il n’y a pas de technique bien spécifique. Chacun y va de sa méthode, pourvu que le bon sens y soit. « Il faut éviter d’agresser le cheval avec la tondeuse, souligne encore Michel Robert. Quant aux plus récalcitrants, personnellement, je les aborde en commençant par les tondre au niveau de l’épaule gauche, c’est un côté dont ils ont l’habitude et un endroit qui leur est peu sensible. Pour le reste, je fais l’essentielle (le corps et le haut des membres) du travail avec une machine électrique et les finitions (la tête, les canons, les grassets...) avec une autre, sans fil, plus silencieuse et plus maniable. » Et notre professionnel de reconnaître : « Il me faut environ une heure pour tondre totalement un cheval qui ne bouge pas. Mais ce peut être beaucoup plus avec un qui ne se laisse guère faire. »
Ce qu'il faut faire![]() Etirement d'un antérieur/Photo Nicolas Chauveau | Ce qu'il ne faut pas faire![]() Le tord-nez est un moyen de contention/Photo Marysa Merlo |
|---|---|
|
|
Ecrit par: Rédaction, Le: 19/10/06























00049439