
Les chevaux ont besoin de se reposer/Photo Manoel Relet
Les chevaux ne sont pas des "machines". C'est ce que pensent deux spécialistes suisses, qui se sont récemment confiés au site Internet Le Temps. Par Rédaction
L'un est vétérinaire. L'autre est ostéopathe. Pierre-Alain Glatt et Alain Guerland estiment que les chevaux ne peuvent pas travailler de la même manière toute l'année. Pour le vétérinaire, le problème est qu'"il n'y a plus de saison". C'est vrai que les calendriers des compétitions sont de plus en plus chargés, et qu’ils laissent peu de place au repos.
Pierre-Alain Glatt pense que les chevaux "sont performants entre 120 et 140 jours par an". Au-delà, "ils sont fatigués". Le praticien conseille donc d'aménager deux périodes d'intense activité dans une année, entre lesquelles il est indispensable de respecter "des temps de reconstruction". Sinon, les chevaux risquent "des coliques et autres soucis gastriques".
Pierre-Alain Glatt insiste d’ailleurs sur cet épuisement qui guette les chevaux. "Ils ne le montrent pas toujours", fait-il remarquer. Et de citer en exemple le transport, au cours duquel "leur fréquence cardiaque dépasse régulièrement les quatre-vingts pulsations par minute, ce qui équivaut à un bon trot, alors qu'ils mangent paisiblement leur foin dans le camion". Ou encore "le changement de mode de vie", qui n'est pas non plus pour eux des plus tranquille.
Le vétérinaire est un peu idyllique. Il aimerait bien que les chevaux se reposent à l'automne ou à l'hiver évidemment, mais également au printemps. Car, cela ne se voit pas non plus, mais "la mue les fatigue", indique-t-il. Pierre-Alain Glatt en vient ainsi à recommander de laisser vivre les chevaux au pré pendant les saisons de repos. Mais pas que cela, il juge qu'il faut tout de même "un peu les monter", mais "différemment du reste de l'année". Les chevaux peuvent faire "des longues balades et des galops, sans pour autant être le nez au vent mais au contraire en travaillant leur dos", explique-t-il. Le vétérinaire ajoute qu'"ils peuvent aussi faire de la longe", mais par contre, pas d'"exercices de soumission".
UN MOMENT DE RELACHE

Une séance de longe par semaine peut suffir à garder une certaine souplesse/Photo Nicolas Chauveau
L'hiver, comme n'importe quelle autre période de repos, est d'après Pierre-Alain Glatt un moment de relâche. C'est également un temps favorable aux soins. Ensuite, le retour au travail intensif dépend du style de vacances dont à bénéficier le cheval. S'il a conservé un tant soit peu d'activité, il faut "juste le retravailler dans sa discipline", commente le praticien. En revanche, s'il est "devenu une tondeuse à gazon,, il faut compter "six à huit semaines" pour qu'il retrouve un niveau intéressant.
De son côté, Alain Guerland prévient : "Il n'est pas bon pour les chevaux de sauter toute l'année". Il constate que les cavaliers "ne se rendent pas toujours compte que leurs montures sont fatiguées en fin de saison". Il impute cela "aux vitamines", que, d'après lui, ils reçoivent "en quantité importante".
L'hiver est le moment de remettre "les chevaux en état", souligne l'ostéopathe. Mais pas n'importe comment, "en respectant une logique vétérinaire !". Cependant, à l’instar de Pierre-Alain Glatt, Alain Guerland ne prône pas l'arrêt total. Il est, lui aussi, pour que les chevaux aient un minimum d'activité durant leurs cycles de repos. Il invite à les planifier en deux phases. Une première, où "les chevaux ne sont pas contraints aux exigences du cavalier". Il s'agit simplement de faire des "longues sorties". Elle doit s'échelonner "de décembre à février". Une seconde, qui vise en une "préparation physique modérée". C'est le retour sur le plat, mais pas forcément à l’obstacle, et encore moins à la longe, que l'ostéopathe ne met pas personnellement en avant. "Elle présente beaucoup d'inconvénients", déplore-t-il. Il mentionne notamment le fait qu'"elle sollicite énormément les articulations". La longe, c'est "pour certains chevaux", et "à petite dose", clame-t-il.
De l'avis d'Alain Guerland, un bon programme serait de ne pas participer à plus de "trois compétitions à la suite". Puis il faudrait après accorder "quinze jours de repos aux chevaux". Tout en rappelant qu’ils ne sont pas faits "pour sauter", et encore moins pour "supporter des cavaliers maladroits".
Ecrit par: Rédaction, Le: 28/11/09




















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