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Rss Génétique, entre blup et indice


Photo Syl Arabians



Faire naître un bon poulain n’est pas que le fruit du hasard. La jument ne fait pas tout. Ce sont bien les étalons qui assurent les descendances. En génétique équine, ils ont un rôle décisif. Mais comment les choisir. Par S. C.

Faire naître un bon poulain n’est pas que le fruit du hasard. La jument ne fait pas tout. Il faut lui trouver un bon compagnon. Et un bon compagnon, cela se trouve en choisissant au mieux ses performances et sa lignée.

Ce sont les étalons qui assurent les descendances, car ils peuvent reproduire à l’infini. Ce n’est pas le cas des juments, elles ne peuvent donner naissance qu’à un seul poulain par an. C’est pourquoi, en génétique équine, le choix du père est fondamental.

Pour le reste, Anne Ricard, chercheuse aux Haras nationaux et à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) est formelle : « Biologiquement, chacun des deux parents lègue la moitié de ses gènes au poulain. Il n’y en a pas un qui lui donne la force et le comportement, ou l’autre la rapidité et la solidité. » Même si elle concède, qu’en l’espèce, « on accorde plus facilement d’importance à la mère qu’au père ». Il faut dire que c’est elle qui élève et éduque le poulain. Il est donc normal qu’elle lui transmette un peu plus de son caractère. De plus, les poulinières sont généralement attachées à un seul élevage, tandis que les étalons le sont quasiment tout le temps pour plusieurs. La réputation d’un éleveur passe dès lors plus aisément par ses poulinières que par ses géniteurs. A tort, « car les étalons sont nettement plus sélectionnés que les juments », insiste la chercheuse.

Contrairement aux juments, qui sont toutes des mères en puissance, les étalons doivent être approuvés pour faire la monte. En clair, seuls ceux qui le sont autorisés par leur stud-book ont le droit de reproduire. Les autres en sont interdits. S’ils le font, leurs progénitures ne sont pas reconnues par les mêmes stud-books. Elles peuvent toutefois être enregistrées auprès des Haras nationaux. Elles ont alors l’appellation d’ « Origine Constatée ».

CRITERES D'EVALUATION


Une mère et son petit/Photo Syl Arabians

Outre l’approbation de monte, qui est spécifique aux mâles, les étalons comme les juments jouissent des mêmes critères d’évaluation. Le plus simple est l’indice de performance. Cet algorithme existe depuis 1976. Il est fonction des gains et des classements des animaux (chevaux et poneys) sur les compétitions de CSO, de CCE, de dressage, d’endurance et de courses de trot. Il ne prend toujours pas en compte les résultats des chevaux de galop (de plat et d’obstacles), sauf ceux des anglo-arabes et des AQPS (autres que purs-sang).

L’indice de performance permet une meilleure équité que les gains seuls. « En effet, vous pouvez avoir un étalon qui a fait beaucoup de compétitions, mais qui n’a qu’ordinairement gagné sa vie, précise la spécialiste de la génétique. L’inverse est aussi possible. » Ainsi, s’il ne fallait s’en tenir qu’aux gains, un grand gagnant pourrait-il cacher tous les autres. Alors, qu’en réalité, il y a peu de chevaux qui sont « très riches » et beaucoup qui le sont « moyennement ». Un bon indice de performance se situe autour de 100. Au-dessus de 120, il est formidable. En dessous de 80, il est moyen. Pour résumer, l’indice de performance prend bien en compte les gains, qui restent très importants dans la carrière d’un cheval, mais, contrairement à ceux-ci, ce mode de comptabilisation ne subit pas d’inflation. La fourchette 100-80 restant toujours un indice moyen.

La vérification des performances ne suffit pas pour faire naître un bon poulain. Il faut aussi être capable de connaître la probabilité qu’il y a à ce que le croisement entre les origines choisies soit le meilleur possible. Il y a pour cela le blup. Cette référence est intra-discipline. Elle se nomme BSO pour le saut d’obstacles, BDR pour le dressage, BCC pour le concours complet. L’endurance devrait bientôt avoir le sien. Le blup est aussi un algorithme. Il est calculé à partir non seulement des performances des parents, mais également de celles des grands et des arrières grands-parents, des frères et des sœurs, des produits ou encore des apparentés. Un blup au-dessus de 8 situe le reproducteur dans le quart meilleur de sa population ; au-dessus de 20, il le place dans le 2 % du top ; et autour de 0, il le met dans la moyenne. Le blup est affiné par un coefficient de détermination (ou CD). Plus le CD est proche de 1, plus le blup peut être considéré comme fiable. Quand il est à 0, il ne l’est pas.

D'ELITE, A NON CONSEILLE


Les performances ne suffisent pas à faire un bon poulain, il y a aussi le comportement ou le morphotype/Photo Marysa Merlo

Pour que le calcul génétique soit le plus juste possible, s’applique, aussi, aux étalons uniquement, une valeur « dite basse ». Il s’agit d’une opération qui prend en compte le blup et le coefficient de détermination. En sort un chiffre, compris entre +34 et -34, qui place un peu la recommandation d’une reproduction. Grossomodo, quand un étalon dispose d’une valeur basse de +15, il est élite ; entre +7,5 et +15, il est très bon ; entre 0 et +7,5, il est améliorateur ; entre -7,5 et 0, il est acceptable ; après, il passe de médiocre à non conseillé.

Enfin, pour évaluer un géniteur, la valeur de pari est la dernière considération chiffrée. En partant du principe que 2 % des chevaux ont un blup à plus de 21, cette appréciation donne le pourcentage de possibilité à un géniteur déterminé de se situer au-dessus de cette borne. L’indice de performance, le blup ou encore la valeur de pari peuvent paraître barbares. Ils ont pourtant un intérêt majeur. Ils évitent, ou presque, la consanguinité. Si elle est assez cernée en génétique équine, elle existe un peu tout de même, à cause des croisements qui sont faits. Elle se situe à moins de 1 % pour les sels français, alors qu'elle dépasse 3 % pour les chevaux arabes. « Il y a inquiétude au-delà de 5 % », rassure la chercheuse.

Fort de toutes ces données, le choix de l’étalon peut paraître simplissime. Pourtant, méfiance : il ne faut pas se fier qu’aux statistiques pour faire naître un bon poulain. « Ces critères de sélection ne sont que des valeurs théoriques. Dans le domaine équin, la génétique ne représente que 25 % d’un produit », rappelle Anne Ricard.

Outre les chiffres, il y a les règlements. Il y a des étalons qui n’ont le droit de saillir qu’un certain nombre de juments par an. Ce sont les stud-books qui en décident. Tout peut donc avoir été calculé, mais, si la clairvoyance a manqué, le poulain peut être reporté d’une année..

Tout électronique


Photo Syl Arabians



Fini les tables de croisements pour savoir quelle race aura le futur poulain. Il suffit à présent de se rendre à l’adresse Internet interroger-le-sire. Il faut savoir que le SIRE (système d’information relatif aux équidés) gère une cinquantaine de stud-books, et que les mêmes stud-books peuvent changer leurs règlements quand bon leur semble. Il était alors indispensable que les simulations s’informatisent. Il en est ainsi depuis 2004. En plus, le service est gratuit.

Ce qui n’est pas le cas d’autres informations que les Haras nationaux peuvent dispenser à propos des origines des chevaux. Il y en a qui sont payantes. En allant sur ce lien (document au format PDF), il est expliqué comment acheter des points (de 200 pour 10 euros, à 15.000 pour 500 euros) pour obtenir certaines données. Cela concerne notamment les pedigrees, les descendances ou encore les indices de performances.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 17/04/08