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Rss Shiatsu, le bien-être au bout des doigts


Le shiatsu est fait de massages et d'étirements/Photo Opportune Coste



Le shiatsu est une médecine traditionnelle qui vient du Japon. Elle est voisine de l'acupuncture. Les chevaux sont particulièrement réceptifs aux approches énergétiques. Le shiatsu fait partie de celles-ci. Comment, pourquoi et pour qui ? Gros plan sur une médecine encore anecdotique dans notre pays. Par Opportune Coste et Rédaction

Qui s’intéresse à la santé équine sait au combien l’Angleterre possède une solide réputation en termes de soins aux chevaux. Ce pays de tradition a bien souvent été novateur dans le domaine. En europe, il est encore précurseur. Le shiatsu équin y est utilisé depuis une vingtaine d’années. En France, cette médecine est encore anecdotique. Elle n’est l’apanage que de propriétaires qui y sont avertis.


A la recherche de l'énergie/Photo Opportune Coste



C’est en 1955 que le ministère japonais de la Santé a officiellement reconnu le shiatsu comme médecine à part entière. Mais, c’est beaucoup plus tard, en mai 1997, que l’Union Européenne (UE) en a fait de même, disons qu’elle l’a identifiée parmi les huit méthodes de soin non conventionnelle. Le shiatsu peut être considéré comme un proche parent de l’acupuncture. Le terme shiatsu signifie « pression des doigts ». Ses origines remontent aux sources de la médecine traditionnelle chinoise, qui est vieille de plus de cinq mille ans. Elle est basée sur un système qui définit le corps vivant comme étant parcouru par un réseau de méridiens qui transportent l'énergie dans tout l'organisme. Si, pour nous, occidentaux, cette notion semble bien mystérieuse, elle s'inscrit pour les asiatiques dans un concept médical dépourvu de notion « ésotérique ».

En médecine chinoise, l'état de « bonne santé » se caractérise par une circulation fluide et harmonieuse de l’énergie au travers des méridiens. La déficience ou l’excès de cette même énergie est pour le praticien un signe qui indique le dysfonctionnement d’un organe ou d’une zone corporelle. Le shiatsu est aussi préventif, puisque les désordres de l’énergie que ressent le praticien - avant même qu’ils ne manifestent leurs symptômes - sur les trajets des méridiens traduisent un dérèglement, tantôt des organes, tantôt des fonctions corporelles.

PRESSION DES DOIGTS


Les méridiens agissent comme une sorte de déclencheur/Photo Opportune Coste

Le shiatsu se pratique en exerçant une pression des doigts sur des points précis qui se trouvent le long des méridiens. Le principe est de rétablir la circulation de l'énergie dans les zones du corps où elle est en manque ou en excès.
Selon le déséquilibre, le praticien fait appel à différentes techniques.
Quelles qu’elles soient, elles sont toujours douces. Les méthodes du praticien shiatsu reposent sur des rotations et des étirements, le but étant d’éliminer les tensions, de stimuler les points faibles et de réguler le flux énergétique.

En pratique


Ici, une pression est exercée au niveau du cou du cheval/Photo Opportune Coste



Une heure, c’est la durée moyenne d’une séance de shiatsu. Le thérapeute effleure d’abord la peau de l’animal à la recherche des zones sensibles (froides, douloureuses, tendues, chaudes...). Ces informations, plus les remarques du cavalier, renseignent le praticien sur les méridiens susceptibles de présenter des déséquilibres. Des pressions du bout des doigts sur certains points des méridiens tonifient ensuite l'ensemble du flux énergétique des zones à traiter, tandis que des étirements progressifs sont entrepris pour libérer les tensions remarquées. Il faut en général deux à trois séances - espacées de trois semaines environ - pour qu’un traitement shiatsu soit optimal. Coût de la séance : 50 euros en moyenne.


Dans la médecine chinoise, la notion d’équilibre des énergies (le Yin et le Yang) se retrouve à tous les niveaux. Ainsi, par exemple, six méridiens parcourent chaque membre du cheval : trois pour le yin, en face interne ; et trois pour le yang, en face externe. En fait, l’action du shiatsu intervient sur le système nerveux autonome (ou sympathique). Celui-ci est constitué de fibres qui régulent les fonctions vitales de l'organisme. Chaque organe reçoit des fibres sympathiques de deux types : les fibres orthosympathiques, qui accélèrent le fonctionnement du système ; et les fibres parasympathiques, qui le freinent. L'équilibre est le résultat d'une oscillation entre l'une et l’autre de ces fibres. C'est sur cet équilibre - entre tension et relâchement - que le shiatsu joue.

Mais qu’apporte le shiatsu aux chevaux ? Vraisemblablement un relâchement musculaire, intéressant, entre autres, pour la préparation et la récupération de l’effort. Mais ses fervents lui accordent-ils aussi des retentissements sur tout l’organisme. La stimulation du système nerveux autonome ayant en effet des répercussions sur toutes les fonctions. Le shiatsu aurait donc pour vertu de diminuer les troubles circulatoires, digestifs, respiratoires ou hormonaux... Il stimulerait également le système immunitaire. C’est ainsi que les chevaux qui recevraient des séances de shiatsu auraient une meilleure résistance que les autres (ceux qui n’en bénéficieraient pas) aux infections et au stress.

L’avis du vétérinaire


Une manoeuvre shiatsu au niveau du boulet/Photo Opportune Coste



Au shiatsu, les chevaux répondent de manière positive. « Même les plus difficiles s’apaisent avec cette thérapie », dit Philippe Odoit, instructeur d’équitation, vétérinaire et praticien shiatsu. « Il faut dire que le cheval est un animal qui est d’une grande sensibilité. C’est sûrement la raison pour laquelle il est particulièrement réceptif à ce type de soin », ajoute le vétérinaire.

« L’effet le plus immédiat d’une séance de shiatsu est une détente générale, explique le Dr Odoit. Après, il n’est pas rare que les chevaux les plus « réfractaires à l’homme » se laissent toucher partout, jusque dans les endroits les plus délicats. » « Le shiatsu diminue le stress et les tensions, physiques comme nerveuses, poursuit le thérapeute. Quand on pratique cette médecine, on observe aussi, parfois, une disparition des pouls palmaires et digités, des chaleurs locales et des engorgements. »

« Durant ma carrière, j'ai eu recours à l’allopathie, la mésothérapie, l'homéopathie et l’ostéopathie, raconte le vétérinaire. Puis, j'ai pratiqué le shiatsu. Cela a à augmenté les performances de mes patients (comprenez : les chevaux). Le shiatsu m'a quelquefois aidé à résoudre certains cas d'irrégularités d’allures ou de boiteries rebelles. J’ai également eu des résultats encourageants dans la normalisation des chaleurs et la préparation au poulinage. D’autres applications mériteraient d’être abordées par cette médecine, notamment les pathologies respiratoires et digestives. »

« Je pense que le shiatsu a sa place dans notre arsenal thérapeutique, est convaincu le Dr Odoit. Quelque part entre l’ostéopathie et l'acupuncture, dont il est une synthèse. » « Le cheval est attentif à toutes les techniques qui lui sont proposées, pense le vétérinaire. Pour autant, le shiatsu n’est pas une méthode miracle. Il est un accompagnement qui peut être un plus dans le traitement allopathique. »
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 07/01/09