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Rss Les soins par l’eau


De l'hydrothérapie en bassin/Photo OLEN



Qu'elle soit froide ou chaude, douce ou salée, l’eau peut soigner les chevaux. De la boiterie au problème respiratoire ou psychologique, les bienfaits du précieux liquide sont multiples. Mais attention de ne pas aller trop vite. En milieu aquatique, le temps de rééducation n’est pas réduit. Par S. C.

C’est un terme générique : sous l’appellation d’hydrothérapie (ou traitement par l’eau), se classent plusieurs méthodes de soins aquatiques. Parmi eux, il y a la balnéothérapie, c’est le traitement par les bains, mais il y a aussi la très connue thalassothérapie, c’est le soin par l’eau de mer. Par rapport à sa cousine, la balnéothérapie, qui se fait dans l’eau de source, la thalassothérapie, elle, se pratique dans l’eau de mer. Du fait de sa salinité, la même eau de mer a une meilleure portance que l’eau douce. Elle offre donc une plus grande facilité de mouvement, ce qui est très intéressant pour la rééducation.

Beaucoup de nos grands chevaux ont le droit à leur cure de thalassothérapie. Mais nos vieux et ceux de loisir y vont aussi. Du problème respiratoire à la boiterie, du stress ou juste pour leur plaisir, il semble que l’air du bord de mer ait des vertus sensationnelles sur ces animaux-là aussi. « Il faut voir comment les chevaux repartent après une cure !, se vente Francis Gamichon, qui tient un centre de thalassothérapie en Normandie (lire : L'hydrothérapie par un spécialiste) où passent chaque année près de 100 individus de bonne pointure. Non seulement ils sont apaisés, mais, en plus, pour certains, ils mangent mieux et retrouvent des membres sains. »

DEPUIS LA NUIT DES TEMPS

L’effet antiviral, antibiotique, anti-inflammatoire et analgésique de l’eau de mer est énoncé depuis la nuit des temps. A partir de l’époque antique, les médecins ont invité leurs patients à utiliser l’eau salée pour venir à bout de leurs maux de dos et de leurs douleurs articulaires. Jusqu’à ce que, au moyen âge, la même eau soit d’abord considérée comme porteuse de maladies, puis plus tard, sous l’influence d’Ambroise Paré, de nouveau plébiscitée pour traiter certaines galles.

La première étude médicale sur les effets thérapeutiques du milieu marin date du XVIIIe siècle. Elle comparaît, chez l’homme, les propriétés de l’eau salée et du plasma sanguin. Mais c’est, réellement, le scientifique René Quinton qui déterminera les preuves médicinales de la thalassothérapie, dans les années 1870. Dès lors, cette thérapeutique ne cessera de s’affirmer, avant de connaître un léger recul, au milieu du XXe siècle, et un retour, dans les années 1980.

En médecine vétérinaire, l’hydrothérapie, particulièrement la thalassothérapie, a continuellement été pratiquée sur les chevaux. Ils ont, de tout temps, été marchés dans les torrents glacés, dans les rivières ou dans la mer. Sauf que l’art de la thalassothérapie ne se limite pas qu’à une « petite cuisine ». En effet, le seul fait de tremper les membres des chevaux dans l’eau de mer fraîche ne constitue pas un acte thérapeutique. Pour qu’elle soit efficace, une thalassothérapie, comme une balnéothérapie d’ailleurs, doit être pratiquée de manière précise. Entre autres, la température de l’eau, des boues ou des algues doivent être à au moins 30 degrés pour une meilleure pénétration des oligoéléments et des sels minéraux dans la peau des chevaux.

Comme pour les humains, une thalassothérapie, pour ces animaux aussi, se compose de plusieurs actes. Il n’est pas seulement question ici de quelques promenades et barbotage sur la plage. Certes, il y a les incontournables baignades, mais il y a aussi la pose d’emplâtres et la réalisation d’inhalations, auxquels s’ajoute l’environnement, l’air marin et ses ions négatifs notamment, qui sont un parfait aérosol naturel.

TECHNIQUES DE PHYSIOTHERAPIE


De la cryothérapie par application de glace/Photo Marysa Merlo

Il y a d’autres façons d’utiliser l’eau pour soigner les chevaux. La cryothérapie et la thermothérapie sont en l’espèce très prisées. Ce sont deux techniques de physiothérapie, c’est-à-dire de traitement par agents physiques. Elles sont assez voisines de l’hydrothérapie.

Il y a moyen d’aborder la physiothérapie de différentes manières. Mais, quelles qu’elles soient, d’un point de vu « mécanique », l’intérêt de la même physiothérapie reste principalement l’éradication de la douleur, de la chaleur, de l’oedème ou de la rougeur, autant de symptômes qui sont engendrés par ce qu’il est convenu d’appeler l’inflammation.

Comme l’hydrothérapie, la physiothérapie a pour but le maintien ou le rétablissement fonctionnel de la structure : le nerf, le tendon, l’articulation, etc. Plus précisément, lorsqu’un cheval a connu un incident de membre, par exemple, la physiothérapie lui permet, si ce n’est d’en récupérer l’usage total, d’en retrouver au moins une partie. « Avec une réserve, toutefois, c’est que ce type de traitement ne divise pas le temps de la rééducation par deux ou trois, comme certains tendent à le faire croire. Il permet surtout d’améliorer la qualité de la même rééducation », prévient Pascal Desmolles, vétérinaire, ostéopathe et consultant pour un centre d’hydrothérapie et de physiothérapie dans le centre de la France.

TRES APPRECIEE


De la cryothérapie par application d'azote liquide/Photo OLEN

La cryothérapie : c’est le traitement par le froid. Cette technique de soin est très appréciée pour son action antalgique (anti-douleur). Mais elle est également anti-inflammatoire et hémostatique, autrement dit elle anéantit la douleur et accélère le processus de cicatrisation. Il y a maintes façons de produire du froid. Il y a soit la glace, soit les compresses réfrigérantes, soit le gaz (l’azote précisément).

La thermothérapie : c’est l’inverse de la cryothérapie, c’est le soin par le chaud. La thermothérapie est, elle aussi, antalgique. Mais elle est en plus un excellent décontracturant. Si le froid ressert les tissus, c’est la vasoconstriction, le chaud, lui, les ouvre, c’est la vasodilatation. Cette dernière provoque une plus grande irrigation des tissus, donc une meilleure oxygénation de ceux-ci.

Toutefois, la physiothérapie ne se réduit pas qu’à l’emploi d’eau froide ou chaude. L’électrothérapie, comprenez le soin par l’électricité, est encore un autre moyen de faire de la physiothérapie. Il s’agit, ici, de courants de plus ou moins hautes fréquences qui ont comme pouvoir d’atténuer les douleurs ou de résorber les oedèmes. Tout comme il y a aussi les ultrasons. Ce sont des vibrations de hautes fréquences qui ont pour action d’être défibrosantes, en clair, d’éviter la dégénérescence des tissus.

L’hydrothérapie et la physiothérapie trouvent leur place dans bons nombres de traitements, qui vont des tendinites aux dorsalgies en passant par les lésions ligamentaires, musculaires, tissulaires... Coût de la prestation : 30 euros en moyenne par jour, pension du cheval comprise mais hors frais spécifiques (massages, produits de soins, etc.).
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 10/11/07