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Rss L'homéopathie : une autre manière de soigner son cheval


Une prise sublinguale/Photo Marysa Merlo



Les soigner sans les droguer. De plus en plus de chevaux sont traités par homéopathie. Cette médication, précise, non toxique et efficace, ne provoque pas d’effets secondaires. Affections respiratoires, tendinites, arthrose, stress... presque toutes les pathologies peuvent être traitées par homéopathie. Secrets d’une médecine autrefois décriée, mais aujourd’hui respectée. Par Sébastien Chauveau

Entre charlatanisme et médecine douce, le sort de l’homéopathie est souvent mal fixé. Il est pourtant clair : depuis 1965, cette thérapeutique relève de la pharmacopée française. Elle est donc officielle, et reconnue comme médecine à part entière. Dans notre pays, 40 % des chevaux seraient soignés par homéopathie. Contrôles antidopage obligent, ce serait dans le milieu des sports équestres que l’on trouverait le plus d’adeptes de Nu vomica, de Comphora, d’Opium et autres Aconit, des plantes servant à soigner coliques et boiteries, à prévenir des avortements et des pneumonies.

Ce fut le praticien allemand Samuel Hanemann qui fut l’inventeur de l’homéopathie. Ce fut lui qui apporta les premières preuves tangibles de l’efficacité de cette médecine. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle et, à cette époque, l’homéopathie n’est que « mixture ». Après avoir tenté de soigner une fièvre des marais (paludisme d’aujourd’hui) avec du Quinquina (arbre tropical), il étend ses recherches à d’autres pathologies. Si ses résultats sont d’abord peut probants, ils deviennent rapidement excellents. Ce qui vaut à Samuel Hanemann une réputation internationale – ses méthodes servant toujours de référence actuellement.

Le premier vétérinaire à employer de l’homéopathie fut aussi un allemand, Guillaume Lux. Il fut ensuite imité par le docteur Gunther (allemand également) qui, en 1837, avoue utiliser presque 200 substances différentes sur les chevaux. Ce fut, ensuite, autour d’un autre vétérinaire (anglais cette fois), le docteur Hurndal, de s’intéresser de plus prêt à l’homéopathie, en lui consacrant un traité destiné aux chevaux. Un dernier ouvrage qui laissera cette médecine sous silence jusque dans les années 1930. Depuis, l’homéopathie n’a cessé d’évoluer, au point d’être maintenant enseignée dans certaines écoles vétérinaires françaises comme Lyon (Rhône-Alpes) et Nantes (Loire-Atlantique), mais également étrangères (Espagnoles, Italiennes, Tchèques ou Slovaques).

Adepte mais pas téméraire


Des tubes d'homéopathie/Photo Marysa Merlo



C’est une férue d’homéopathie. Marie dirige un petit élevage de chevaux (l’élevage d’Hurlevent), en Bourgogne. A la moindre plaie, c’est à l’homéopathie qu’elle fait appel. « Nous n’utilisions, jusqu’à il y a quelques années, que de l’allopathie, raconte-t-elle. Puis, l’une de nos juments a eu un pyomètre (infection de l’utérus), et nous avons essayé de la traiter de manière conventionnelle. Voyant que son cas s’aggravait, au bout de quatre jours, nous avons décidé d’essayer de la traiter avec de l’homéopathie. Ca a parfaitement fonctionné. » Depuis, Marie n’a plus arrêté. Elle utilise l’homéopathie avant l’allopathie. Mais, comme beaucoup de ces adeptes, elle s’est fixée des limites. Notamment dans les cas graves, où, sans résultat dans les trente minutes, elle appelle immédiatement son vétérinaire.


TROIS GRANDES CARACTERISTIQUES


Des granules d'homéopathie/Photo Marysa Merlo

Contrairement à la médecine conventionnelle, l’homéopathie prend en compte l’animal dans sa globalité. Ainsi, elle s’intéresse à son histoire de malade, son alimentation, sa manière de vivre, etc. Les spécialistes appellent cela l’ « individualisation du malade ». Mais l’homéopathie s’appuie, aussi, sur le pouvoir de la dose infinitésimale. Autrement dit, plus les doses de médicaments sont petites, plus la guérison est rapide. Enfin, le principe de similitude est la troisième grande caractéristique de l’homéopathie. En clair, cela signifie que tout ce qui intoxique guéri. « Par exemple, explique Marie-Noëlle Issautier, vétérinaire pour le compte d’un laboratoire spécialisé en homéopathie, lors d’œdème d’apparition brutale, avec douleur localisée, on administre de l’Apis mellifica (du venin d'abeille), justement parce que la piqûre d’abeille donne les symptômes d’œdème, de rougeur et de douleur soudaine. »

Quant aux substances qui entrent dans la composition des gouttes, sirops, et autres granules... elles subissent aussi, initialement, un traitement spécial. Qu’elles soient minérales, végétales, animales ou chimiques, toutes subissent, au cours de leur fabrication, pour devenir homéopathiques, ces deux épreuves : la dilution et la dynamisation. Dilution, parce que la substance traitée est portée à de hautes déconcentrations (de 1/10 à 1/100). Dynamisation, parce qu’à chaque dilution, le mélange est secoué très fort - par une machine appelée dynamiseur - afin d’accroître le potentiel énergétique du médicament. On obtient ainsi les fameuses CH, pour centésimales hahnemanniennes. « En fait, pour faire une CH, précise le DR Issautier, on dilue une goutte de substance de base déconcentrée, qui peut être soit une teinture-mère, soit un produit soluble contenant la ou les substances végétales, minérales, animales ou chimiques, dans 99 gouttes de solvant. Puis, on agite le tout pour le dynamiser. En prenant ensuite une goutte de cette première CH, donc de cette première agitation, que l’on dilue à nouveau dans 99 gouttes de solvant et que l’on agite à nouveau très fort, on obtient la seconde CH. Reste à faire ces deux opérations de dilution et de dynamisation autant de fois (3, 4, 5, 6, 7 fois...) pour obtenir le médicament à la hauteur de dilution désirée : 3 CH, 4 CH, 5 CH, 6 CH, 7 CH, etc. » Ainsi, les médicaments à 5 CH sont généralement employés dans les cas de pathologies locales (traumatismes, coups ou tendinites) ; ceux à 9 CH lorsque les fonctions (respiratoires, digestives, locomotrices...) sont atteintes ; et ceux à 15 ou 30 CH lorsqu'il s'agit de pathologies comportementales (nervosité ou anxiété).

Les vrais faux


Des tubes homéopathiques/Photo P.G. Lombard



L’homéopathie aussi a ses rumeurs. Marie-Noëlle Issautier nous éclaire.

VETOCHEVAL. - Faut-il vraiment ne pas toucher les médicaments homéopathiques avec les doigts ?

MARIE-NOELLE ISSAUTIER. - Non. Les substances médicamenteuses sont à coeur des granules, et pas en périphérie, comme autrefois. Il n’y a donc aucun risque de dégradation ou de perte d’efficacité à les prendre avec les doigts.

VTCHL. - Doit-on nécessairement administrer aux chevaux les traitements homéopathiques toutes les deux ou trois heures ?

M.-N. I. - Non, pas du tout. Cela dépend complètement de la pathologie à traiter (aiguë ou chronique), du médicament (symptomatique ou de fond) et de l’animal (jeune ou vieux).

VTCHL. - Le coût d’un traitement homéopathique est-il réellement moins cher que celui d’un traitement allopathique ?

M.N. I. - Oui, en pathologie aiguë, mais pas forcément en pathologie chronique ou comportementale.

VTCHL. - Faut-il faire absolument attention à ce que mangent les chevaux lorsqu’ils sont sous traitement homéopathique ?

M.-N. I. - Non. Pas plus que lorsqu’ils sont sous traitement allopathique.

VTCHL. - Les plantes soignent-elles vraiment plus vite que les minéraux ?

M.-N. I. - Absolument pas. Cela dépend des plantes.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 20/10/06