
Du granulé/Photo DR
L’éventail des solutions est vaste. Le marché de l’aliment du cheval abonde de produits, tous jurés pour être le plus diététique possible. Or, que trouve-t-on dans toutes ces merveilles industrielles : des aliments naturels aussi simples que de l’orge, de l’avoine, du maïs, de la luzerne ou du soja... Qu’est-ce qui peut donc bien motiver tel ou tel choix. Par Rédaction
Opter pour une alimentation plutôt qu’une autre pour son cheval repose sur plusieurs paramètres. Le premier, qui est sûrement le plus important, est de savoir si vous disposez des connaissances suffisantes en nutrition équine pour vous lancer seul dans l’équilibre de la ration de votre compagnon. Car elles devront être importantes si vous visez de le nourrir qu'avec des produits traditionnels.
Le temps est un élément que vous devrez prendre en considération lorsque vous vous pencherez sur le sujet. Car, si les aliments industriels, eux, sont prêts à l’emploi, sachez qu’il n’en sera rien pour ceux que vous souhaiterez donner à l’état naturel. L’orge devra être trempée, ou au moins concassée. L’avoine sera préférée de votre cheval si elle lui est aplatie. Et il vous sera impossible de lui servir du maïs qui n’aura pas été, au minimum, lui aussi concassé. Il vous faudra, donc, posséder le matériel pour faire ces préparations. Et, ensuite, prendre le temps pour faire le mélange des aliments. Ca peut être long et contraignant.
« Tout industriel » « Tout industriel », ce pourrait être la devise de Rodolphe Scherer. Depuis qu’il est au plus haut niveau du concours complet, le cavalier vendéen ne jure plus que par les aliments des grandes firmes. « J’ai, quelques fois, dans les maisons où je suis passé, eu à utiliser des aliments traditionnels, mais j’avoue ne pas en avoir gardé un souvenir mémorable, confie Rodolphe. Ce n’est pas pratique lorsqu’on va en concours. Cela fait, en plus de la paille et du foin, d’autres matières premières à gérer. C’est plus compliqué à distribuer. Et c’est plus long pour les chevaux à manger. » Selon notre cavalier international, « il est difficile, aujourd’hui, pour qui fait de la compétition, de nourrir ses chevaux avec des aliments traditionnels ». « C’est même un peu dépasser, je pense, ajoute Rodolphe Scherer. Les aliments industriels font maintenant l’objet de tellement de recherches qu’il me semble assez difficile de restituer le même équilibre alimentaire en n’utilisant que des produits traditionnels. » « D’autre part, avec les contrôles antidopages, nous avons besoin d’une absolue traçabilité, ce qui est impossible avec de l’orge ou de l’avoine achetée je ne sais où. Idem pour la qualité, il nous en faut une qui soit constante. Et seuls les aliments qui sont produits par les grandes firmes peuvent nous la fournir », est convaincu notre cavalier de concours complet. |
PAS UNE MINCE AFFAIRE
Si vous vous orientez vers une alimentation traditionnelle, vous constaterez que l’achat des céréales, mais également, parfois, celui du soja et de la luzerne, n’est pas une mince affaire. Tant mieux si vous trouvez tout au même en droit et de qualité identique. Car vous pourrez, aussi, être amené à parcourir la campagne pour faire vos emplettes. Sans compter que le prix et la disponibilité des matières pourront sérieusement varier au gré des régions. Et que les livraisons, pour ces produits-ci, ne sont pas légion.
Lorsque vous ferez votre choix d’alimentation pour votre cheval, la place dont vous disposez devra faire partie de votre réflexion. En effet, les sacs d’orge, d’avoine et de maïs, surtout si vous les achetez à la ferme, prennent plus de place que ceux de granulés ou de floconnés. Il vous faudra en plus les porter, les sacs de céréales. Sachez qu’ils font généralement 50 kilos, contre 25, voire 20 pour certains aliments industriels. Et que les abords des cours de fermes ne sont pas ceux des magasins.
La digestibilité de l’aliment sera une question à vous poser au moment de faire votre choix. Il est bien difficile de dire laquelle de l’alimentation traditionnelle ou industrielle est la mieux pour les chevaux. La preuve en est :c’est que beaucoup d’entre eux, dans toutes les disciplines équestres, sont nourris tantôt d’une manière, tantôt de l’autre, et que leurs performances appartiennent aussi bien à un groupe qu’à l’autre.
La coutume Fabrice Foucher est un entraîneur de galopeurs, en Loire-Atlantique. Comme c’est la coutume dans son milieu, lui aussi nourrit ses chevaux et ses poulains de façon traditionnelle. « Nous mettons essentiellement de l’avoine, avec un peu d’orge, explique Fabrice. Pour pallier les carences des céréales, nous y ajoutons des compléments minéraux vitaminés (CMV). Et pour en accroître l’appétence et la digestibilité, nous employons un peu de floconné fibré. » Il faut dire que, chez les Foucher, tout est fait maison. A l’instar de la paille et du foin, les céréales sont cultivées sur les terres familiales. « Dès lors, il est financièrement plus intéressant pour nous d’utiliser notre orge et notre avoine pour nourrir nos chevaux. D’autre part, nous sommes sûrs de la qualité de nos céréales. Depuis le temps que nous les utilisons, nous avons pu nous apercevoir qu’elles n’étaient pas si mal ! » Et Fabrice Foucher de rappeler les déboires qu’ont connu certaines écuries comme la sienne qui sont passées de l’alimentation traditionnelle à l’industrielle, « avec des chevaux qui sont devenus gras, énervés ou qui se sont mis à Seigner du nez... ». |
Néanmoins, il semble qu’il est un type d’aliment qui soit au-dessus du lot pour nourrir les chevaux. C’est le floconné. De par son procédé de fabrication, la cuisson de l’amidon, il semblerait que ce produit industriel soit plus digeste (d’environ 30 %) que tout le reste, le granulé ou les céréales aplatis.
Enfin, le coût de la ration risque de peser dans la balance pour votre décision finale. Alors, là, entre les kilomètres parcourus pour aller chercher votre luzerne, votre soja et vos céréales, l’électricité consommée et le temps gaspillé à aplatir vos grains, l’idée de la bonne rentabilité de la ration traditionnelle risque d’être mise à mal. Ce sera d’autant plus vrai que vous achèterez les céréales chers. On considère, qu’au-delà de 0,20 euros du kilo, l’alimentation traditionnelle n’est pas une bonne affaire.
Besoins quotidiens Voici les besoins journaliers des chevaux : ils sont fonction de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font. Protéines : 14% à 16% pour les poulains et leurs mères, contre 12 à 14% pour les autres chevaux. Lipides (matières grasse) : entre 3% et 3,5% pour les jeunes chevaux et les juments gestantes, contre 2% à 2,5% pour le reste des chevaux. Cellulose (fibre) : autour de 12% si les animaux bénéficient d’apport de foin ou de paille, et de 16 à 23% s’ils n’en reçoivent pas. Calcium (Ca), phosphore (P), zinc (Zn) et cuivre (Cu) : 1,2% de Ca et 0,6% de P pour les animaux d’élevage, 1% de Ca et 0,5% de P pour les autres chevaux, 600 mg de Zn et 200 mg de Cu pour tous, et 800 mg de Zn et 400 mg de Cu pour les poulinières en lactation. UFC (valeur énergétique) : 6 à 9 pour tous les chevaux, contre 5 à 6 pour les poulains et leurs mères et 9 pour les juments en lactation. |
Ecrit par: Rédaction, Le: 23/11/06























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