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Rss La ferrure, coupable de compensations dorsales


Arrnaud Gidel/Photo DR



Le maréchal-ferrant doit mettre en œuvre tous les moyens qui sont à sa disposition pour ferrer de manière la plus confortable qui soit le cheval dont il a la charge. C’est important, notamment si celui-ci évolue en compétition. Mettre des fers serait-il devenu un travail d’orfèvre ? Réponse avec Arnaud Gidel. Par Rédaction

Dur métier que de ferrer. Avant l’exercice de son art, le maréchal-ferrant doit s’interroger. Il doit s’enquérir de diverses informations. C’est nécessaire, s’il veut exercer au mieux son métier. Ainsi, le maréchal-ferrant doit-il, entre autres, se renseigner sur la discipline que pratique l’équidé qui lui est confié, sur les terrains qu’il est amené à fréquenter et s’il est concerné par des pathologies de membres, de pieds ou de dos.

Tous ces renseignements visent à éviter l'apparition d’affections locomotrices, au rang desquelles figurent bien sûr les dorsalgies. Ils permettent également au maréchal-ferrant de peaufiner au mieux son travail par rapport à celui du cheval. « C'est fondamental, car les lésions varient selon les disciplines », fait remarquer Arnaud Gidel, maréchal-ferrant. Et de citer : « Elles sont tendineuses, sur les chevaux de courses ; ligamentaires et articulaires, sur ceux de saut d’obstacles et de concours complet ; aussi ligamentaires, sur ceux de polo, de horse-ball et de reining ; et articulaires, sur ceux de dressage. » La nature des terrains est aussi un facteur prépondérant dans l’aspect lésionnel. Le maréchal-ferrant doit la prendre en considération. « S’ils sont meubles, les blessures sont tendineuses ; et s’ils sont durs, elles sont articulaires et ligamentaires », indique celui qui pratique aussi l’orthopédie. Sans oublier que chaque caractéristique anatomique impose son type de ferrage.

« APLOMBS MAL GERES »


Un sabot antérieur avec une pince longue/Photo Marysa Merlo

Mais quel type de ferrure peut-il bien causer des dorsalgies aux chevaux ? « Ce sont les aplombs mal gérés, avec des parages standardisés par exemple, dit M. Gidel. Ou ce sont, encore, les ferrures quand elles sont gênantes, en statique comme en dynamique, c’est-à-dire avec des clous qui sont serrés, des soles comprimées, des pinces trop longues, des relevés en opposition au départ du pied ou des soutiens postérieurs trop importants. »

Toutes ces contraintes ont, à terme, leurs conséquences. Les membres, d’abord, et le dos, ensuite, sont les premiers organes à souffrir des mauvaises appréciations du maréchal-ferrant. « Au niveau des antérieurs, c’est une décharge du soutien du poids du corps sur le membre opposé qui peut se produire si le cheval n’est pas correctement ferré », rappelle le spécialiste. En clair, l’animal relâche ici le membre qui le fait souffrir au détriment de celui qui est valide. « Tandis que du côté des postérieurs, c’est de décharge de propulsion dont il est question », poursuit Arnaud Gidel. C’est-à-dire que l’effort perdu par le membre malade est dans ce cas-là compensé par celui qui ne l’est pas.

Il résulte de ces dysfonctionnements des asymétries des membres des déséquilibres musculaires qui sont directement impliqués dans le processus de douleur dorsale. « Lorsqu’un antérieur a la pince trop longue, il a une phase de propulsion qui est raccourcie. Cela provoque un transfert de charge sur l’opposé (le membre), puis l’épaule, le garrot et retentit sur la colonne vertébrale », déclare celui qui fait de l’orthopédie. « Alors que, quand la pince d’un postérieur est diminuée de façon exagérée, ceci génère un véritable manque de propulsion, qui entraîne une sollicitation plus importante de l’autre membre », poursuit M. Gidel.

Dans toutes ces situations, le cheval est amené à travailler davantage sur le membre le plus sollicité. « Du coup, il le place sous lui », dit le maréchal-ferrant. Cette attitude conduit inexorablement à la douleur dorsale. Elle s’exprime, dans ce cas-là, par un décalage du bassin.

AMELIORER LE CONFORT


Photo Nicolas Chauveau

Heureusement, les techniques de maréchalerie d’aujourd'hui permettent d’améliorer le confort des chevaux qui sont atteints de dorsalgies. Il s’agit de ferrures qui tiennent compte à la fois des pathologies et des morphologies de chacun. Les fers des membres antérieurs, qui ont un rôle de soutien, peuvent par exemple être appliqués « de manière à ce que les chevaux qui souffrent du dos soient déliés dans leurs allures. Car, s’ils se retiennent, leur avant-main perd de l’impulsion, et une partie du poids de leur corps se transfert sur leur arrière-main », pense Arnaud Gidel. Alors que les fers des membres postérieurs, dont la fonction est la propulsion, doivent, eux, plutôt être appliqués « de sorte à ne pas anticiper le départ des pieds, donc sans effet roller, afin que l’énergie emmagasinée soit correctement transmise au tronc (comprenez : à la colonne vertébrale) », ajoute le spécialiste.


Un fer en oeuf, ou egg bar shoes/Photo DR



Il semble que la plupart des douleurs dorsales qui sont imputables à des dysfonctionnements de l’arrière-main se traduisent par des phénomènes de décalage du bassin. Néanmoins, le maréchal-ferrant est-il en mesure de soulager ces chevaux qui sont parfois très handicapés. S’ils n’ont pas de contre-indications qui sont dues à des pathologies de suspenseur de boulet, l’homme de l’art peut, ici, « poser sur le pied, côté bassin bas, un fer en œuf ou à planche (image) pour limiter l’enfoncement des parties postérieurs du pied dans le sol », suggère M. Gidel. Cela réduit le décalage du bassin vers le bas, notamment sur sol meuble.


Une talonette en acier/Photo Eurofers



En revanche, selon l’orthopédiste, « [i]il est déconseillé de mettre des talonnettes à des chevaux qui sont en mouvement. Car, sur sol meuble, elles induisent une augmentation de la pénétration des pieds dans le sol, donc un décalage encore plus marqué du bassin. Et, sur sol dur, l’usure des talonnettes, qui est suscitée par leur pression sur les talons, crée une détérioration de ces derniers, sans résoudre le décalage du même bassin.</I> »</P><P>Ce n’est donc pas si simple que d’appliquer la bonne ferrure pour soulager les douleurs dorsales. Ces pathologies sont souvent complexes. Pour autant, le concours du maréchal-ferrant rompu aux techniques d’orthopédies reste en l’espèce une aide essentielle.
 
 
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Ecrit par: Rédaction, Le: 14/09/07