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« Une réhabilitation automatique »
Fer compensé
Photo Eurofers

Il y a plusieurs moyens de réhabiliter activement un cheval. Mais la ferrure demeure-t-elle la base du travail ! « C’est essentiel, affirme Michel Péchayre, aussi vétérinaire. Je pense que la ferrure est même plus importante que tout le reste des soins annexes aux traitements médicaux ou chirurgicaux, surtout lorsqu’il est question de remédier à des pathologies orthopédiques. Elle permet une réhabilitation automatique à chaque fois que le cheval met son poids sur le système (comprenez : sur l’ensemble lésé). » Mais, attention, chaque pathologie a sa ferrure. Rien que pour les tendinites, elle varie selon que la lésion intéresse le perforant ou le perforé, et qu’elle est en début ou en fin de cicatrisation. C’est, dans ce contexte, celui de la rééducation dynamique, « qu’une collaboration étroite entre le maréchal-ferrant et le vétérinaire me semble nécessaire », indique Michel Péchayre.

« Pour les tendinites, il y a trois types de ferrures : de soulagement, de transition et de rééducation », explique Ludovic Mathieu, maréchal-ferrant orthopédiste. En fait, quelle que soit la tendinopathie, la ferrure de transition est toujours la même. Elle est normale. Elle est comme celle qui est posée habituellement sur n’importe quel cheval. Ce sont, précisément, la ferrure de soulagement et de rééducation qui sont différentes d’une tendinite à l’autre.

« Dans le premier cas, c’est-à-dire pour celui de la ferrure de soulagement, lors d’une tendinite du perforant, elle est compensée en talons et peu couverte en pinces, car son but est de limiter la tension du tendon pour le reposer », dit le maréchal-ferrant. Les fers sont donc, ici, hauts derrière et étroits devant. « Quant au second cas, celui de la ferrure de rééducation, elle est très couverte en pinces et étroite et amincie en talons, car son rôle est de redonner de l'élasticité au tendon lésé en l'étirant. » C’est l’inverse qui est préconisé pour une tendinite du perforé. « Les ferrures de soulagement ont, là, les pinces couvertes et les talons amincis et étroits. Et celles de rééducation sont pourvues de talons compensés et de pinces peu couvertes », indique l’orthopédiste.

Pour le reste des pathologies locomotrices, Ludovic est plus simpliste. « Pour les syndromes podotrochléaires, autrement dit de maladies naviculaire, nous employons des egg bar shoes (fers en œufs). Ces fers limitent l’enfoncement des talons dans le sol, ce qui réduit les leviers du pied et abaisse ses contraintes. Pour les entorses, nous utilisons des fers asymétriques. Ils sont plus couverts d'un côté que de l'autre, donc, ils relâchent les ligaments. Enfin, pour les lombalgies, nous adoptons des talonnettes et des fers légers (aux postérieurs). Ils soulagent les jarrets car ils les remontent », commente-t-il.



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