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Serge Hinard, un maréchal qui ne chôme pas
Pour cramponner, il faut mortaiser, fileter et visser
Photo Marysa Merlo

Le 08/05/2008

Serge Hinard est le maréchal-ferrant du CSIO***** de La Baule (Loire-Atlantique). Avec près de 200 chevaux engagés sur 4 jours, du 8 au 11 mai, il n'a pas le temps de s'ennuyer. Serge est bien équipé. Camping-car et remorque-atelier (cliquez ici pour agrandir l'image), l'homme parcourt la France 120 jours par an pour être aux petits soins des sabots de ses athlètes quadrupèdes. "En général, les chevaux arrivent correctement ferrés sur ces épreuves-là, confie le maréchal-ferrant. Il n'y a que ceux qui sont depuis plusieurs semaines en tournée qu'il faut totalement referrer."

Malgré tout, les bricoles sont nombreuses sur un long week-end comme celui de La Baule. Ici, c'est un clou qu'il faut remettre. Là, c'est un fer qui a tourné qu'il faut repositionner. Ailleurs, c'est un caillou qui bouche une mortaise qu'il faut enlever. "Mon rôle, c'est de dépanner, consent Serge. C'est aussi de faire en sorte que le cheval puisse toujours repartir." Car, le maréchal-ferrant ne perd pas de vue que le CSIO ligérien est prestigieux et richement doté, et que le professionnel qu’il est n'a pas le droit de se tromper.

Serge Hinard reconnaît que les chevaux du niveau de ceux du CSIO***** de La Baule sont globalement dans de bonnes mains. Lorsqu'il intervient, il n'a plus qu'à suivre ce qu’a fait le confrère. Néanmoins, quelquefois, il ne comprend pas les choix. "Pour enchaîner de tels parcours, je suis toujours étonné de constater que des chevaux arrivent avec des gros fers plats en acier, déplore-t-il. Un peu de légèreté (d'aluminium) et de rolling me semble pourtant un peu mieux ici."

Même si le maréchal-ferrant du jumping international de France n'a pas un rôle de conseil auprès de ses concurrents, il aime ce qu'il fait. Ainsi, en profite-t-il de glisser son avis sur le cramponnage de ses protégés, qu'il doit de temps en temps revisser ou refileter. "Je suis septique sur certains choix techniques, avoue-t-il. Par exemple, quand je vois des chevaux avec des crampons plus haut d'un côté que de l'autre, j'ai du mal à me convaincre que ce ne soit que pour la sécurité. Il n'y a qu'à voir ces pauvres bêtes marcher ainsi équipées pour s'apercevoir qu’elles ne sont pas à leur aise comme cela." Et d'ajouter : "Certes, il faut bien mettre des crampons - devant et derrière - dès lors que les concours ont lieu sur du gazon. Seulement, à La Baule, le terrain est profond. Il en faut donc qui soient fins et longs."

Bref, être aux pieds des stars du saut d'obstacles impose d'être un peu tout à la fois. Psychologue, pour rassurer les cavaliers ; soigneur, pour penser les plaies des pieds de leurs préférés ; ou encore bricoleur, pour venir à bout des petits comme des gros malheurs.



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